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Saïka Céus, 42e lauréate du prix Deschamps

Source Belkis Delcarmen Gaspar | Le Nouvelliste

 

 

Saïka Céus a été sacrée lauréate de la 42e édition du prix Deschamps le mercredi 15 novembre 2017, à l’hôtel El Rancho. Sur 52 manuscrits soumis, cette passionnée d’écriture a remporté haut la main ce concours avec son œuvre « Tifi », et de ce fait, rejoint les rangs de la grande famille des lauréats du prix Deschamps.

 

Saïka Céus a participé au prix Deschamps pour la toute première fois. « Tifi », son roman écrit en créole, est l’œuvre qui a eu toutes les considérations du jury parmi les 52 textes soumis. Cet ouvrage de 250 pages, traite de la domesticité des enfants, ces victimes de la société souvent délaissées et sans voix. Ce sujet a toujours interpellé Saïka. La jeune auteure a écrit bien des récits avant, mais c’est le tout premier qui va être publié. Les autres sont encore dans les tiroirs, a-t-elle fait savoir. Cette année, elle a voulu réaliser son rêve de participer au prix Deschamps. Quelques mois avant le concours, elle s’est mise à la tâche et a rédigé « Tifi », qui a fait d’elle la 42e lauréate du prix Deschamps.

Saïka Céus, taille élancée, la mine défaite, revient d’une journée de travail assidu. Peu bavarde cet après-midi, la lauréate ne cache pourtant pas sa joie d’avoir raflé ce prix. La jeune assistante administrative confie avoir commencé à écrire sur les bancs de l’école. « L’écriture est ma plus grande passion.Dans mes cahiers j’écrivais des histoires, des pièces de théâtre », raconte la 42e lauréate du prix Deschamps qui a gardé le même amour pour l’écriture. « J’écris en cours, au bureau, en réunion, en route », confesse l’ancienne du Christ the King Secretary School qui ne se lasse jamais de prendre des notes. Dans un calepin ou sur son téléphone, dès que l’envie lui prend, elle écrit.

Native de Port-au-Prince, Saïka Céus a vu le jour le 2 juillet 1990. Unique fille de sa mère, elle a partagé son enfance entre la capitale et Coridon, une section communale des Gonaïves, chez sa grand-mère. C’est d’ailleurs à cet endroit mythique qui a marqué son enfance que se déroule l’histoire de « Tifi », une restavèk. « Je passais mes vacances au bord de la mer. Je m’endormais au son mélodieux des vagues », se rappelle Saïka qui se rend à Coridon régulièrement. Pour elle, cet endroit dont elle garde d’innombrables souvenirs est un paradis sur terre.

Célibataire, l’ancienne élève de Cœur immaculé de Marie (CIM) n’est pourtant pas un cœur à prendre. Amoureuse de la lecture, elle adore la bonne bouffe et écouter de la musique. Ce sont ses principaux passe-temps. « J’adore manger », lâche la demoiselle, sourire aux lèvres. Assistante administrative au projet Chemonics de l’USAID, Saïka consacre également beaucoup de temps à ses 11 filleuls, car elle adore les enfants, même si elle n’en a pas encore. A titre de bénévole, elle dispense des cours de civisme dans un orphelinat. Sur sa page Facebook, elle tient une rubrique « Sa je m ban m », où elle raconte des petites histoires de son vécu en y ajoutant une pincée de moralité.

Sa carrière de romancière à peine lancée, Saïka n’entend pas s’arrêter. « L’écriture est le meilleur moyen pour moi de m’exprimer. Ça fait partie de moi, je ne pense pas que je m’arrêterai un jour », a assuré le nouveau membre du jury du prix Deschamps. L’année 2018 s’annonce donc chargée pour Saika Céus qui aura son premier roman à signer, qui votera au jury du prix littéraire Deschamps 2018 et prendra part à la 24e édition de Livres en folie. A l’avenir, l’auteure de Tifi se voit fidèle à elle-même, à ses rêves et à ses ambitions et surtout à fond dans l’écriture.

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