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La tournée estivale 2018 des groupes musicaux et la réalité du moment en Haïti

La musique n’a pas de saison. Cependant, le marché de la musique peut subir les influences des hautes et basses saisons de l’année. Ce qui confirme le côté business de la musique. La Coupe du monde de football 2018 a créé un grand impact sur le marché konpa dirèk, ce qui ressemble bien aux caractéristiques des basses saisons.

Les groupes musicaux haïtiens attendent que le Mondial se termine pour reprendre leurs activités, entre autres, entreprendre leur tournée estivale traditionnelle en Haïti. Mais, le ciel paraît très nuageux en Haïti avec la nouvelle crise politique.

La perturbation des activités nocturnes 

Avant l’élimination de l’Argentine de la Coupe du monde, certains promoteurs pensaient que les soirées dansantes, qu’ils avaient programmées, seraient rentables. Après l’élimination de cette sélection, ils se rabattaient sur le Brésil, s’imaginant que cette équipe irait en demi-finale. Il n’existe vraiment aucune logique en football, et l’histoire ne se répète pas souvent. « Nou paka konte ze nan vant poul ». Les pronostics n’ont pas été confirmés, puisque le Brésil a emprunté le même chemin que l’Argentine, le vendredi 6 juillet dernier.

On a su que la chute du Brésil aurait fait des mécontents. Est-ce pourquoi nous avions dit, a priori, qu’on ne doit pas laisser un match de foot perturber le calme entre citoyens d’un même pays. Dans le même article, nous avions aussi signalé que la violence n’a jamais été une solution. Il semble que les dirigeants politiques d’Haïti aient aussi misé sur une victoire du Brésil face à la Belgique. Ils avaient profité du déroulement de cette rencontre pour annoncer la hausse des prix des produits pétroliers, pensant qu’une victoire du Brésil aurait détourné les esprits et incité les fans de cette sélection à célébrer dans l’euphorie. Tel n’a pas été le cas.

Dans tous les pays du monde, la parole est un outil politique. Cependant, il faut savoir comment et quand l’utiliser pour ne pas créer le trouble et  la confusion. Le pouvoir de la parole a aussi ses limites. L’annonce de l’augmentation des prix des produits pétroliers a incité la population à la violence. On a vu la réaction collective des gens qui, en signe de protestation à cette mesure, ont envahi les rues de la capitale et de quelques villes de province pour briser, piller et incendier, surtout des maisons de commerce. On a même enregistré des pertes en vie humaine. C’est grave! L’économie haïtienne va connaître une chute considérable, et on doit s’attendre à une croissance rapide du taux de chômage.  Lajan grenpe bwa. On ne peut pas vraiment prédire l’avenir, mais on sent que les activités nocturnes seront perturbées par cette situation de tension qui règne au pays actuellement.

Les groupes musicaux doivent inévitablement penser à un plan B

On est unanime à reconnaître que la Coupe du monde de foot a eu un impact profond sur le marché konpa dirèk,  mais la situation sera beaucoup plus grave avec l’expansion de l’insécurité, causée par les derniers événements.  Pendant le déroulement du Mondial, l’industrie konpa dirèk a été sévèrement frappée. Depuis le commencement de la Coupe du monde, les soirées dansantes n’ont pas vraiment drainé la grande foule. Ne remarque t-on pas que les groupes musicaux n’affichent plus des photos de bals sur les réseaux sociaux? La vache est maigre.

Des groupes connus n’ont attiré qu’entre 300 et 350 personnes dans des clubs dont la capacité d’accueil varie entre 1500 et 2 000. Considérant la situation actuelle en Haïti, l’on se demande comment des responsables d’orchestres et des promoteurs espèrent-ils que des gens aillent aux bals en cette période d’instabilité et d’insécurité. Ils doivent aussi se rappeler qu’on est en pleine période cyclonique. Il faut qu’ils cherchent d’autres possibilités pour palier à ces inconvénients. Il leur faut un plan B. Puisque la Coupe du monde touche presqu’à sa fin, l’espoir semble luire pour les groupes qui résident aux États-Unis, particulièrement en Floride.

Haïti connaît actuellement une crise politique dont le dénouement ne sera pas pour demain. Les groupes musicaux, qui, d’habitude, partent en tournée estivale en Haïti, vont certainement ressentir les effets de cette crise.  La transversalité des produits pétroliers permet de l’affirmer. Les responsables de groupes musicaux doivent certainement entreprendre des démarches pour essayer de trouver des contrats dans leur zone de fonctionnement. La formation Zenglen a officiellement annulé un premier contrat d’engagement qu’elle devrait honorer en Haïti, ce weekend. Une décision sage de Brutus! On souhaite que les groupes musicaux fassent une étude approfondie du marché pour être en mesure de prendre de bonnes décisions, surtout en ce moment très difficile.

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