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JUSTICE – DÉTENTION PREVENTIVE PROLONGÉE. Libération de 223 détenus: Des organisations de droits humains expriment leurs réserves

Source Ricardo Lambert | Le Nouvelliste

 

Suite à la libération par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Clamé Ocnam Daméus, le 30 décembre dernier, de 223 détenus issus de divers centres carcéraux du pays, des organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs réserves, compte tenu du fait que des bandits peuvent passer entre les mailles du filet. Selon Pierre Espérance, secrétaire exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), la nouvelle de la libération de ces détenus devrait être accompagnée de la « date de leur incarcération, des motifs pour lesquels ils ont été détenus, leurs dossiers si jamais ils en avaient. »

Ces démarches (demande des dossiers à l’avance) auraient entouré le processus d’un certaine « transparence », a avancé Pierre Espérance avant de rappeler que les autorités, pour procéder à des libérations de masse, ont souvent « collaboré » avec les organisations de droits humains afin de libérer les personnes qu’il faut. Toutefois, a –t-il nuancé, il ne s’agit aucunement d’une obligation légale qu’a le commissaire du gouvernement de leur faire parvenir la liste avant la libération des détenus.

Jocelyn Colas Noël, de la Commission épiscopale justice et paix (CJILAP), a exprimé un tout autre avis. Elle minimise l’envoi de la liste des détenus à libérer pour accentuer sur la nécessité de réforme au sein de la justice sur le combat contre la détention préventive prolongée. Toutefois, Mme Colas pense que c’est au commissaire du gouvernement d’assumer les conséquences de ses actes. Par ailleurs, elle a conseillé aux autorités judiciaires de « juger les inculpés à temps, de traiter les dossiers avec célérité et d’obliger les juges à rendre justice. »

D’un ton rassurant, empreint de fermeté, Me Clamé Ocnam Daméus, en réponse, a fait savoir que les dossiers de ces détenus ont été analysés minutieusement afin de voir ceux qui sont réellement en détention et qui méritent de rentrer chez eux. Les 223 détenus libérés étaient incarcérés au Pénitencier national, au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL), et à la prison civile des femmes à Cabaret. « Seuls les prisonniers en détention préventive prolongée à qui l’on reproche des infractions mineures et des délits ont été libérés », a assuré Me Daméus. Les détenus qui ont été écroués pour assassinat, viol ou meurtre ont leurs dossiers devant le cabinet d’instruction, a renchéri le commissaire du gouvernement.

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