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Hommage à Nemours Jean-Baptiste à l’occasion de son centenaire

Source robertnoel22@yahoo.com | Radio Télévision Caraïbes | radiotelevisioncaraibes.com

 

 

Né le 2 février 1918, Nemours Jean-Baptiste a été témoin de grands événements qui avaient marqué son existence. Ce 2 février 2018, jour de La Chandeleur, il aurait 100 ans, s’il vivait encore. On ne pourrait laisser passer inaperçue cette occasion sans lui rendre un hommage posthume, considérant ce qu’il représentait et représente encore pour la culture haïtienne.

À travers le compas direct, ce genre musical qu’il a su imposer aux haïtiens, particulièrement aux générations de musiciens qui l’ont succédé, on célèbre sa vie tous les jours, mais de façon plus spéciale ce 2 février 2018. Ce qui confirme que la vraie mort c’est l’oubli. Le maestro Nemours Jean-Baptiste n’est pas oublié puisque ses œuvres continuent de vivre.

Son nom et ses œuvres défient le temps. Sans son apport à la musique de danse haïtienne, les mini-jazz n’auraient  pas existé. La simplicité rythmique de l’original compas direct lui a valu cette notoriété. Si ce genre musical a dominé la scène pendant longtemps, on le droit à Nemours Jean-Baptiste. S’il vivait encore, il aurait peut-être reproché aux musiciens d’aujourd’hui leur déviation du pur compas direct en y insérant des éléments qui dénaturent son essence.

Les œuvres de Nemours Jean-Baptiste sont immortelles. Vraiment, elles transcendent le temps et doivent être considérées comme un patrimoine culturel qu’il faut bien conserver et protéger. Il est impossible de quantifier les tubes « hits » du répertoire du Super Ensemble Nemours Jean-Baptiste, tellement ils sont nombreux.

Grace à son intelligence pratique, Nemours Jean-Baptiste a pu réaliser des choses qui défient l’imagination. Par exemple, il a su maintenir l’harmonie entre les musiciens, et son esprit créatif fit de lui un vrai innovateur. Il avait introduit la guitare électrique quand il sentait le besoin. Il a eu le soin d’éliminer les timbales pour faire place à la batterie.  Il a écarté le tom basse (floor tom – en anglais) de la batterie pour créer la combinaison cloche à vache (cowbell) – tombasse (le gong). Il avait fait choix de Ti Boston comme tom bassiste (gongiste).

Après le départ de Richard Duroseau, il avait modifié la configuration de l’Ensemble en ajoutant l’orgue. Il avait même osé introduire un vibraphone, mais remarquant que cet instrument ne répondait pas vraiment au besoin de l’heure, il l’avait vite abandonné. N’est-ce pas là une preuve de son intelligence pratique?

Nemours Jean-Baptiste vit encore dans les cœurs de tous ceux qui ont su apprécier la valeur des démarches qu’il avait entreprises pour doter Haïti d’une autre forme de musique de danse. Le moment est venu aujourd’hui, à l’occasion de son centenaire, de le remercier et lui exprimer la gratitude. La célébration de son centenaire est un devoir de mémoire.

 

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