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Haïti – Santé : Malgré certains progrès, pas assez de sages-femmes en Haïti

Par Jean Elie Paul

P-au-P, 14 mai 2015 [AlterPresse] — Alors que les sages-femmes jouent un rôle fondamental dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, Haïti a encore du chemin à parcourir pour tirer profit de cette profession, malgré certains progrès, selon les informations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse.

De 2000 à 2014, l’école d’infirmières sages-femmes a formé 530 professionnelles qui sont réparties sur tout le territoire du pays, selon les chiffres de l’Institut national supérieur de formation des sages-femmes en Haïti (Insfsf).

Cependant, les sages-femmes sont en nombre insuffisant, là où elles devraient être le triple, d’après la vice-présidente de l’association des infirmières sages-femmes d’Haïti, Vardine Jean-Baptiste.

Bien que leur présence soit essentielle, elle est encore inexistante dans beaucoup de communes du pays.

« Les sages-femmes, qui sont formées et réglementées selon les normes internationales, sont en mesure de fournir 87% des soins essentiels pour les femmes et les nouveau-nés », a souligné Jean-Baptiste, à l’occasion de la journée mondiale, le 5 mai 2015 (déroulée autour du thème « Sages-femmes pour un monde meilleur »), de la profession de sages-femmes.

Dans 72 pays, la contribution des sages-femmes, par une amélioration de l’accès aux soins, a permis la réduction de la mortalité maternelle.

Ce qui démontre combien les femmes sont des clés pour créer un avenir meilleur avec zéro décès maternel et néo-natal, argue Vardine Jean-Baptiste.

Le taux de mortalité maternelle en Haïti avoisinait les 630 décès pour 100 mille naissances vivantes, elons les derniers rapports émis par l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

Ce taux de mortalité maternelle serait réduit à 153 pour 100 mille sur tout le territoire national, d’après le Ministère de la santé et de la population (Mspp), se référant à une enquête menée depuis 2014.

« Trop de femmes accouchent sans assistance de personnels qualifiés. Le taux de mortalité maternelle mondiale nous rappelle que mourir pendant l’accouchement est toujours un fléau, qui touche des centaines de milliers de femmes, 340 mille par an », soulève Vardine Jean-Baptiste.

La principale cause des décès de femmes, pendant l’accouchement, c’est le manque d’accès aux soins de santé qualifiés, c’est-à-dire à des centres de santé techniquement équipés, dont le personnel médical est formé à la prise en charge des urgences obstétricales.

« Les sages-femmes font plus que mettre au monde des bébés. Expertes de la physiologie, premiers maillons dans le dépistage des pathologies, les sages-femmes suivent leurs patientes tout au long de leur vie », signale Vardine Jean-Baptiste, insistant sur la nécessité d’une législation et d’une réglementation de la pratique de la profession de sages-femmes en Haïti.

Le Mspp a entrepris de construire des unités de soins obstétricaux néonataux d’urgence de base (Sonub) et des centres, en mesure de faire des césariennes.

« Dans le plan de santé, promu par le Mspp, nous devons arriver à mettre en place 100 Sonub, un nombre assez élevé pour trouver des sages-femmes. Pour chaque Sonub, il faut au moins six sages-femmes. Ce qui sous-entend qu’il faudra six cents (600) sages-femmes d’ici deux à cinq ans » (entre 2017 et 2020), fait savoir un fonctionnaire au Mspp, Dr Fritz Michel.

Au cours du mois de septembre 2015, une nouvelle école de sages-femmes devrait être ouverte dans la ville des Cayes (chef-lieu du département du Sud, à 191.3 km au sud de la capitale Port-au-Prince).

Le Mspp serait en négociation pour ouvrir une troisième école aux Gonaïves (chef-lieu du département de l’Artibonite, à 171 km au nord de la capitale) .

Parallèlement, est envisagée la mise en place de deux autres filières : la sage-femme praticienne, qui n’existe pas encore en Haïti, ainsi qu’une maitrise en sage-femme.

Créée, par décret, le 21 mars 1977, l’école des sages-femmes était affiliée, dans le temps, à la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh).

Après la suspension de ses activités, elle sera de nouveau opérationnelle que 24 ans plus tard (en octobre 2000) sous l’impulsion du ministère de la santé.

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