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Haïti-Elections : La violence se mêle d’une campagne plutôt timide

P-au-P, 30 juillet 2015 [AlterPresse] — En plus des spots radio-télévisés, affiches et banderoles utilisés durant la campagne électorale, les violences se mêlent aussi de la partie, observe AlterPresse.

La montée des violences lors de la campagne électorale et à l’approche des élections législatives fixées au 9 août est vivement dénoncée par la Commission épiscopale nationale Justice et paix (Jilap), dans une note de protestation transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

La tension entre les candidats et partisans de candidats montre le niveau d’impunité et de laxisme des autorités politiques, fustige-t-elle.

L’absence de tolérance entre les candidats, l’utilisation de groupes armés par des candidats, la multiplication des armes dans les quartiers populaires constituent des obstacles à un processus électoral apaisé, relève Jilap soulignant que des zones sont même interdites à certains candidats par des rivaux.

Face à des actes de violences enregistrés à Carrefour (ouest), Peredo dans la commune de Marigot (sud-est) et à Cité Soleil (ouest), la Police nationale d’Haïti (Pnh) est impuissante à réagir, critique-t-elle.

Un des partisans de Nadine Anilus, une candidate à la députation du parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens pour la circonscription de Carrefour a eu l’oreille coupée à l’arme blanche dans la localité de Rivière froide, la semaine dernière.

Dans la soirée du mercredi 22 juillet dernier, Schiller Anthony, Jackson Pierre et Roudy Jacques, trois membres de la Plateforme Vérité, ont été tués par balles par des individus circulant à bord de motocyclettes au moment où ils étaient en train d’apposer des affiches et pancartes électorales pour le candidat à la députation Jacques Beauvil.

« Notre préoccupation reste la sécurité » en dépit du discours rassurant prononcé par des responsables de la Pnh qui n’ont pas envoyé de « signaux suffisamment clairs » pour mettre en confiance les électeurs, affirme Abdonel Doudou, membre du comité de pilotage de l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (Ocid).

Les actes de violences enregistrés un peu partout dans la capitale, ne rassurent pas les électeurs, déplore-t-il. Il appelle à sanctionner les partisans de candidats et les candidats eux-mêmes qui commettent des actes de violences.

Il appelle chaque acteur au respect du jeu démocratique privilégiant la tolérance afin de donner à ce pays une chance d’organiser des « élections acceptables ».

Quid la campagne électorale

Entre temps, des graffitis incitant à voter pour des candidats et candidates sont gravés un peu partout sur des murs de la capitale Port-au-Prince.

Affichées sur les pylônes électriques et également sur des murs de maisons privées, des photos de candidats et candidates sont déchirées à divers endroits de la capitale Port-au-Prince.

Entre temps, des utilisateurs abonnés au service de texto (Sms : Short messages system) de compagnies de téléphonie mobile sont constamment conviés à participer à des lancements de campagne.

Est-ce qu’on peut empêcher aux candidats et candidates d’envoyer des messages aux utilisateurs de téléphones via des compagnies de téléphonie mobile ?, se questionne le directeur du Conseil national des télécommunications (Conatel), Jean-Marie Guillaume dans un entretien à AlterPresse.

C’est un sujet à débattre, estime-t-il.

Il y a une manière pour bloquer des messages publicitaires, mais pour les messages de candidats, c’est un peu plus compliqué, croit-il.

« Ne pas permettre aux candidats et candidates d’envoyer des messages de campagne vers des utilisateurs, n’est-ce pas limiter leur possibilité de faire leur campagne ? », s’interroge-t-il.

Contactée à ce sujet, une compagnie de téléphonie indique qu’il existe un moyen de ne pas recevoir de messages des candidats sur un téléphone, en bloquant tous les messages des services promotionnels de ladite compagnie.

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