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Des médecins marchent contre l’insécurité et le kidnapping

Les cris d’indignation contre les actes criminels, les voix mordantes des médecins pour demander la libération du Dr Yghor Myrtho Figaro, enlevé depuis lundi par des ravisseurs, ont retenti fort jeudi dans la commune de Carrefour. Munis de leur blouse, certains de leur stéthoscope, pancartes en main, près d’une centaine de médecins, d’infirmières, d’agents de santé ont marché dans la commune de Carrefour pour dire ”ABA insécurité, ABA kidnapping”.

De l’hôpital Raoul Pierre Louis à l’Arcachon 32 où ils se sont rassemblés, les médecins se sont ensuite dirigés vers la maternité de Carrefour et l’hôpital adventiste de Diquini en quête de solidarité à leur mouvement. Ils se sont aussi rendus devant le commissariat et la mairie de la commune.

 « Nous sommes aujourd’hui dans les rues pour demander la libération de notre collègue médecin Yghor Myrtho Figaro, qui a été kidnappé devant sa résidence à Diquini (Carrefour), le lundi 5 octobre.  Cela fait trois jours depuis que le médecin ne rentre pas chez lui, ne dort pas chez lui», a tancé le Dr René, qui s’est fait le porte-parole des médecins protestataires. Il confie que les médecins ne reprendront pas le chemin de travail pas avant la libération du Dr Figaro.

La voix tendue, le collègue du Dr Figaro qui a effectué son service social audit hôpital déclare que personne ne doit accepter de vivre dans de telles conditions. Depuis quelques semaines, le phénomène d’insécurité a repris de l’ampleur à travers le pays. On assiste à une montée vertigineuse des actes de kidnapping, de meurtre et de vol à main armée. Quelques semaines auparavant, une impression d’apaisement dans la zone métropolitaine à la suite de la fédération des gangs armés sous le label « G-9 en famille et allié » a été constatée.

 « Nous marchons non seulement pour porter notre solidarité à notre collègue kidnappé mais aussi nous voulons dénoncer les actes criminels qui ne cessent d’augmenter actuellement dans la capitale et dans les autres villes du pays », a rouspété un médecin, sous-couvert de l’anonymat.

Les protestataires invitent la population à sortir de son silence pour dénoncer l’inacceptable, l’intolérable dans le pays. « Nous sommes tous consternés. Je n’ai pas peur de m’exposer parce que je sais que personne n’est épargné », a-t-il ajouté.

 « Aujourd’hui, c’est le Dr Figaro qui a été enlevé. Demain ce sera peut-être l’un d’entre nous », déclare un autre médecin, s’écriant « nou bouke », quand un médecin est enlevé, ce sont tous les patients  qui sont kidnappés. Sur les pancartes on pouvait lire : « liberasyon pou doktè Yghor Myrtho Figaro », « lè w kidnape yon doktè se dekouraje w dekouraje tout lòt doktè », « nou bay vi nou. Nou swe pou peyi a, nou pa ka jwenn kòm rekonpans kidnapin »…

Depuis mercredi les médecins de l’hôpital Dr Raoul Pierre-Louis ont observé mercredi un arrêt de travail en signe de solidarité et de protestation au kidnapping de leur collègue, le Dr Yghor Myrtho Figaro. Le personnel médical de la maternité de Carrefour et des centres de santé de Lamentin 54 et 52 ont aussi emboîté le pas.

Dans une note de presse, l’Association médicale haïtienne (AMH) invite les autorités à prendre des dispositions permettant la libération dans les plus brefs délais du jeune médecin.

 L’AMH dit constater avec stupeur et horreur et déplore avec vigueur la montée vertigineuse de l’insécurité se traduisant par des assassinats, des actes de kidnapping, de vandalisme des biens privés et publics en série. « Elle en veut pour preuves récentes le meurtre crapuleux du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, l’assassinat d’un étudiant de l’Ecole normale supérieure ainsi que le récent kidnapping  d’un jeune confrère, le Dr Yghor Myrtho  Figaro devant sa résidence », fait remarquer l’AMH dans une note portant notamment la signature de son président, le Dr Jean Hugues Henrys.

L’AMH condamne avec vigueur ces actes  qui violent les droits élémentaires de tout être humain, droit à la vie, à la sécurité, à la santé. « C’est dans ce contexte que l’AMH fait appel aux autorités concernés et leur demande de prendre toutes les dispositions nécessaires pour renforcer la sécurité des vies et des biens ainsi que la libération dans les plus brefs délais du jeune médecin».

Edrid St Juste
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