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Un autre scandale vient d’éclabousser le système judiciaire haïtien

Le chef du parquet de Port-au-Prince condamne la libération le 27 janvier de Jean Yliobert Jasmin Alias Eddy one, le narcotrafiquant appréhendé en octobre 2020 à Leogane sur ordonnance du juge instructeur Legroise Avril. Une décision qui met une nouvelle fois à nu le niveau de fragilité de notre système judiciaire.

Pendant que toutes les attentions sont focalisées sur la date du 7 février 2021, le cabinet d’instruction, par le truchement du juge Legroise Avril, a ordonné la libération de Jean Yliobert Jasmin alias Eddy One. Ce dernier, reproché de trafic illicite de stupéfiants, a été appréhendé à Leogane le 28 octobre 2020 ainsi que deux autres policiers.

Une libération qui inquiète quand on sait que les deux policiers appréhendés en même temps que Eddy One croupissent encore en prison.
Encore plus étonnant, c’est le chef du parquet de Port-au-Prince qui a dénoncé les agissements du juge dans le cadre de ce dossier, en qualifiant cette libération d’illégale.

Selon Gabriel Ducarmel, le magistrat a littéralement violé l’article 18 du Code d’instruction criminelle dans le cadre de son ordonnance. Le commissaire du gouvernement a promis, plus loin, de s’attaquer à l’ordonnance rendue par le juge.

Il n’y a pas longtemps, le juge Osner Petit Papa avait profité de l’épisode de « Pays lock » pour blanchir l’ancien sénateur Onondieu Louis accusé de détournement de fonds public au Sénat de la République suite à un rapport d’enquête du Bureau des affaires financières de la Direction centrale de la Police judiciaire.

Il faudra aussi du temps pour oublier le jugement de Woodly Etheart alias Sonson Lafamilia et Renel Nelfort. Le juge Lamarre Belizaire, qui était en charge du dossier à l’époque, n’avait pas hésité à relaxer les accusés, en dépit des multiples charges retenues contre eux.

Cette énième décision est comme une confirmation du pouvoir de l’impunité et du degré de fragilité de notre système judiciaire.

De telles situations contribuent davantage à rendre les citoyens méfiants par rapport aux acteurs du système judiciaire.

Pourtant, un vrai système judiciaire devrait être en mesure de garantir les mêmes droits et protections pour tous. Une réalité qui semble chimérique, dans le cas d’Haïti.

Mario Sylvain

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