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Reprise des activités au palais de justice

Publié le 2021-01-25 | Le Nouvelliste

Officiellement, les activités ont repris au tribunal de première instance de Port-au-Prince depuis la semaine dernière. Juges, représentants du ministère public, greffiers et huissiers étaient on ne peut plus motivés. Donc, tout a été planifié en vue de la relance des activités, a dit le doyen du tribunal, le juge Bernard Saint-Vil.

La date du 20 janvier 2021 a été fixée pour la tenue des audiences correctionnelles et celle du 25 janvier du mois en cours pour les audiences criminelles sans assistance de jury, poursuit le doyen Saint-Vil.

Les audiences correctionnelles n’ont pas pu avoir lieu à cause de manifestations. Mais certaines chambres civiles ont fonctionné et des avocats ont été contents d’évacuer des dossiers pendants depuis plusieurs mois. La majorité des affaires entendues portaient sur des questions civiles ordinaires et de divorce, au point que pendant deux jours une centaine de dossiers de divorce ont été entendus.

Il faut dire aussi que des ordres d’extraction ont été acheminés à la prison civile de Port-au-Prince, question de mettre en état des dossiers criminels sans assistance de jury et d’autres en attente de recevoir jugement, a indiqué l’administrateur du tribunal de première instance de Port-au-Prince, le juge Bernard Saint-Vil.

De plus, souligne Me Saint-Vil, le décanat, de concert avec le parquet, se dit déterminé à organiser des audiences tous les jours ouvrables, même dans l’après-midi, afin de réduire le nombre de détenus en situation de détention préventive trop prolongée, a-t-il fait remarquer.

« Nous devons faire quelque chose pour que les détenus puissent se présenter devant leurs juges naturels. Il y en a qui souffrent depuis des années au Pénitencier national. C’est pareil dans des prisons des dix-sept autres juridictions du pays. Nous devons faire de notre mieux pour que les détenus pour lesquels tous les actes de procédure ont été réalisés et qui sont impatients de comparaître par-devant une juridiction répressive soient jugés. Vu le nombre d’années qu’ils ont déjà passé en prison, ils sont presque assurés qu’ils vont bénéficier de la clémence des magistrats assis et debout ou d’une réduction de peine », a conclu le doyen Bernard Saint-Vil.

À noter que la grève des parquetiers et des greffiers pour exiger de meilleures conditions de travail a été l’une des causes du blocage du système judiciaire pendant des mois à travers la République. Tout était entré dans l’ordre après la rencontre du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Rockfeller Vincent, et les grévistes. Certains acteurs du système souhaitent un bon redémarrage pour le bien de la justice haïtienne. Ils rappellent que les autorités sont à l’origine de beaucoup de choses : des magistrats dont le mandat n’est pas renouvelé à temps, des détenus qui ne peuvent pas se présenter à l’audience ou au cabinet d’instruction, faute de moyens de transport, etc.

Pendant que nous y sommes, qu’en serait-il si les agents de l’APENA se révoltaient contre leurs supérieurs hiérarchiques pour les mois de frais qu’ils n’ont pas reçus. Imaginons qu’ils travaillent à toutes les heures à travers la République. Ils devraient être les mieux payés. Il paraît que dans ce pays, la personne qui travaille le plus n’est jamais la mieux rémunérée.

Jean-Robert Fleury

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