USA: +1-754-4266-3266 / Haïti: +509-4483-9758 | raynaldlouis@gmail.com

En guise de bilan de Haïti, le Printemps de l’Art 2021

Publié le 2021-01-29 | Le Nouvelliste

Le mois de janvier s’achève.

En se faisant une petite place entre les revendications, les pleurs, les cris et les détonations, le festival de jazz (PapJazz) a tenu sa 15e édition et le festival « Haïti, le Printemps de l’Art » a été au bout de sa programmation.

Six cent soixante-douze œuvres de peintres vivants ou décédés ont été présentées par les galeries et espaces d’exposition. Chaque œuvre a été prise en photo par Valérie Baeriswyl et feront l’objet de catalogue numérique.

Lancée le 14 janvier, la première édition du #HAPA vit ses dernières heures tout en couleurs et en rendez-vous improbables autour d’un tableau orgiaque de Frantz Zéphirin ou d’une performance de Guyodo. Dimanche 31 janvier, « Haïti, le Printemps de l’Art » entre dans le domaine du souvenir et dans le temps de la préparation de la prochaine édition en janvier 2022.

Parmi les derniers évènements, Coralie Noisette a tenu jeudi 28 janvier le vernissage de « Rasin nou ». Elle y présente ses dernières créations, des tableaux et des boites lumineuses d’un goût exquis, à Café 36. Le même espace avait reçu au tout début du festival les toiles de Harry Abilhomme, venu du Canada.

Le Musée du Panthéon national (MUPANAH) poursuit l’exposition des œuvres fortes de Jean Claude Legagneur, « Les visages de la liberté », une plongée dans l’histoire de l’esclavage à travers une série de visages.

Le Bureau haïtien du droit d’auteur (BHDA) a réalisé vendredi 29 janvier sa journée porte ouverte. Une douzaine d’avocats, experts en la matière, était disponibles pour informer sur un droit que la majorité des haïtiens, collectionneurs ou pas d’œuvres d’art, ignorait totalement : le droit de suite. Le Décret de 2005 sur le droit d’auteur dispose en effet que les auteurs d’œuvres graphiques ou plastiques ont un droit inaliénable de participation au produit de toute vente d’une œuvre faite aux enchères publiques ou par l’intermédiaire d’un commerçant et que ce droit est constitué par un prélèvement au bénéfice de l’auteur ou de ses héritiers, d’un pourcentage de 5% sur le produit de la vente. Ce droit patrimonial dure toute la vie de l’auteur et 60 ans après sa mort.

Même les artistes ignorent les subtilités que renferment leurs droits.

Dans les dernières heures du festival, il est encore temps d’aller à la Galerie Nader pour faire connaissance avec l’École Moderne. Les quarante-quatre peintres exposés retracent le parcours de la peinture haïtienne de 1940 à nos jours. La Galerie Expression à travers les œuvres de vingt-trois peintres majeurs donne à voir une période plus récente de la production haïtienne. Les formes et couleurs de Michèle Manuel règnent en maître sur l’expo.

Le Centre d’Art a frappé un coup digne de ses 77 ans avec huit peintres et sculpteurs qui composent « Rèl ». La scénographie de Pascale Théard et les lumières de Lionel Saint Pierre sont comme des œuvres parmi les œuvres tant elles magnifient le travail des artistes mis en valeur dans le décor de la Maison Dufort.

Espas Estetik en présentant un seul peintre a donné toute la place à la femme. Pascale Faublas entre vagin-fleur et vierge-loa a fait un travail de création magnifique.

Comme le temps est au bilan, laissons aux critiques le reste.

Galerie Marassa avait présenté huit peintres. Festival Arts soixante-et-onze peintres. Espace citoyen deux peintres réunis par la Galerie Monnin qui elle en son local de Laboule 17 continue avec trois peintres. Les Ateliers Jérôme présentent trois peintres. Le Kolektif 509 a pu réaliser deux expositions. L’une à Villa Kalewès autour de dix peintres et une autre exposition éphémère, sur une journée, chez les Frères Saint Joseph de l’Instruction Chrétienne à Pétion-Ville avec dix-huit peintres et un forgeron.

Au même lieu, Ticket magazine a réuni douze photographes, quinze graffeurs, un forgeron et un atelier d’art pour enfants, le dimanche 24 janvier.

Grâce à l’Institut français, seize documentaires du cinéaste Arnold Antonin réalisés sur les artistes haïtiens ont été projetés en deux jours pendant une rétrospective marathon.

Neuf dessinateurs et aquarellistes donnent rendez-vous à la galerie Trois visages située à l’Espace-Pèlerin 1 pour vous faire voir des « Majigridi », nom bien trouvé pour parler de ce qui se fait de mieux en la matière.

Un tour opérateur, l’agence Citadelle, pendant deux week-ends a emmené des journalistes et des touristes locaux découvrir les expositions dans le cadre d’un circuit organisé avec guide, repas et accueil dans les galeries. Un must de cette édition de « Haïti, le Printemps de l’Art ».

Des conférenciers ont éclairé le public sur l’éducation, la photographie et les arts pendant la quinzaine qu’a duré le festival, soit du 14 au 31 janvier.

Le Centre de conservation des biens culturels a ouvert ses portes pour expliquer au public et aux artistes comment conserver, préserver et réparer les œuvres d’art que le temps et les intempéries attaquent sans répit.

La librairie La Pléiade a dressé une vitrine avec des ouvrages sur l’art pour mettre en valeur les artistes haïtiens, proposer des livres de base sur les techniques universelles pour apprendre le dessin.

L’université Quisqueya a fait coup double en mariant la clôture du festival de jazz, l’exposition des peintures de rue avec Atis lari, penti agogo et la célébration de la journée internationale de l’éducation en deux jours, le même week-end.

Chaque partenaire du festival « Haïti, le Printemps de l’Art » a fait de son mieux pour permettre la tenue de chaque rendez-vous. La ronde des galeries doit se poursuivre après le festival, allez-y, poussez les portes, admirez, rencontrez les artistes et faites votre festival. Toutes les visites sont gratuites et vous en ressortirez plus riche en émotion et en émerveillement.

L’art fleurit toute l’année en Haïti, le printemps de l’Art sera encore en avance l’an prochain.

Frantz Duval

Auteur

About the Author

Leave a Reply

*