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Avec Spotlight, Emeline Michel combat la violence faite aux femmes

Ce 8 mars, à partir de 8 h p.m., Émeline Michel se joint à 6 autres femmes et ensemble elles prêtent leurs voix à l’Initiative Spotlight en Haïti pour dire non à la violence faite aux femmes. Un concert virtuel pour marquer la Journée internationale des droits des femmes. Mais aussi une nouvelle occasion pour l’auteure-interprète de « Djannie » qui, depuis plus de 30 ans, ouvre la voie aux femmes dans le HMI, d’adresser un sujet qui lui tient à cœur.

Si bon nombre d’entre nous avons déjà remisé nos résolutions du nouvel an, ce n’est manifestement pas le cas de notre chère Émeline Michel. Pour la nouvelle année, la chanteuse avait partagé certaines de ses grandes décisions avec le grand public sur les réseaux sociaux. Parmi ces dernières, se rapprocher de ses fans et faire une chose qui lui fait peur chaque mois, comme un Facebook Live… Et la chanteuse semble être à jour. « J’ai déjà coché 3 de mes promesses et on est seulement en mars. J’ai fait le Facebook live qui me terrorisait ; les grignotages de minuit ont cessé ; j’ai acheté une belle bicyclette que j’utilise en regardant mes films préférés. Et la semaine prochaine je serai au service d’une association qui aide la communauté. Je fais des efforts… », témoigne la native des Gonaïves qui reprend le micro ce lundi, un peu plus d’un mois après son dernier concert intimiste en ligne.

Le rendez-vous de ce 8 mars est tout à fait spécial. Émeline Michel sera accompagnée pour l’occasion de la chanteuse Donaldzie. La pianiste Yayoi Ikawa, la bassiste Mimi Jones, la batteuse Shirazette Tinnin et les choristes Paudine Joseph et Berdine Joseph seront aussi de la partie. Rien que des femmes sur scène, « unies contre la violence faite aux femmes et aux filles ». Ce concert baptisé « Serment de paix » entre dans le cadre du travail du programme Initiative Spotlight en Haïti. Ce partenariat mondial pluriannuel entre l’Union européenne et les Nations unies a pour principal objectif d’éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles d’ici 2030. En Haïti où elle a été lancée en octobre 2020, l’Initiative Spotlight cible particulièrement la violence familiale, une des formes les plus répandues et invisibles de violence basée sur le genre.

« Initiative Spotlight m’a approchée pour être une “Championne” afin de présenter des projets qui mettent l’accent sur les violences faites aux femmes et aux filles. Ce qui pour moi s’inscrit dans une continuité puisque sur mon album « Quintessence » par exemple, la chanson « Djannie » qui a un clip vidéo rejoint cette cause. Je leur ai alors proposé ce spectacle qui m’habite depuis déjà 7 ans ; Un plateau entièrement féminin pour évoquer le fait que les femmes sont des ‘’Queen kanpe king’’, pa gen limit nan sa nou kapab reyalize, tout en véhiculant ce message de paix et de non-violence qui est une urgence dans notre pays et dans le monde », explique Émeline Michel qui embrasse la cause que défend ce programme établi notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, et dans le Pacifique.

La violence faite aux femmes est justement un thème que notre diva tient personnellement à cœur. « J’ai pu coucher ce texte sur la mélodie de Kali bandjo, merveilleux compositeur martiniquais, parce que c’est une histoire que j’ai vécue », révèle la star en reprenant les paroles suivantes du texte :

« Yon moun ka frape w ka blese w

apre mennen flè karese w, pa renmen w

Mwen di w paske m pase la dela

Kwè mwen m pap pale met la. »

« C’est un fait très humiliant qu’on ne souhaite pas toujours partager. Pour moi, la première fois a été la dernière, mais ce n’est pas le cas pour beaucoup qui y ont laissé leur vie. Me joindre à ce combat est un devoir humain », poursuit l’artiste qui soutient la lutte pour les droits des femmes dans son intégralité. Tout en reconnaissant que beaucoup de victoires ont été obtenues, Émeline Michel ne compte pas s’asseoir pour autant sur ses lauriers. « Aujourd’hui, on ne peut plus ignorer la contribution des femmes à plusieurs niveaux, dans toutes les couches de la société. La colonne vertébrale de la famille est majoritairement femme. Mais, il reste encore beaucoup à faire. Cette marche vers la liberté, le respect, l’égalité hommes-femmes est loin d’être terminée », martèle la chanteuse. Et comme chaque action compte dans la lutte pour les droits des femmes, ce lundi l’artiste mettra encore une fois sa voix au service de cette cause, pour continuer à tirer la sonnette d’alarme, pour continuer à sensibiliser, à exiger plus…

Par ailleurs, la diva de la musique haïtienne ne chôme pas. À New York où la vie est encore au ralenti, elle travaille sur de multiples projets. « Je suis très reconnaissante d’être toujours occupée en ces temps difficiles. Pouvoir utiliser à fond ma créativité est une grâce. Je partagerai bientôt une belle collaboration, un extrait du prochain album Gospel », a fait savoir la chanteuse qui promet aussi de donner régulièrement de ses nouvelles. « Tu me diras : “Ah, encore une promesse !”», a conclu la voix de la chanson « Amandine ». Mais ça fait longtemps déjà qu’on a compris qu’avec notre Émeline, pwomès se dèt pour de vrai. À nous maintenant de lui promettre de ne rien rater de son prochain concert qui sera diffusé sur sa page Facebook, mais aussi celles des Nations unies en Haïti  et de Chokarella, ce 8 mars à partir de 8 h p.m.

Daphney Valsaint Malandre

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