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Une table ronde pour améliorer les relations haitiano-dominicaines

Sous l’égide du ministère des Affaires étrangères et des cultes (MAEC), le Secrétariat technique de la commission mixte haitiano-dominicaine a organisé une table ronde pour analyser, identifier les enjeux et définir des perspectives concernant les questions commerciales et migratoires entre les deux pays. Cette rencontre qui a réuni des acteurs des deux côtés de l’Ile devrait permettre de mettre en application des recommandations produites par des institutions ayant mené des recherches sur ces thématiques.

Publié le 2021-01-29 | Le Nouvelliste

Des acteurs étatiques et des membres de la société civile haitienne et dominicaine se sont rencontrés vendredi à l’hôtel Royal Oasis, autour d’une table ronde organisée sur le thème : «la migration et le commerce au cœur des relations haitiano dominicaines : analyses, enjeux et perspectives. » L’objectif principal de cette activité était de tabuler les recommandations de certaines études sur la migration et le commerce entre Haiti et la République dominicaine. Lesquelles ont été menées par cinq institutions différentes. Au final, elles devraient servir à élaborer un document cadre dont le ministère des Affaires étrangères devra assurer le suivi.

« Le problème migratoire et les flux commerciaux entre Haiti et la République dominicaine durant ces dix dernières années sont des sujets qui ont toujours retenu l’attention de tous en Haiti. Un couteau à double tranchant, diront certains, mais une opportunité, affirmeront d’autres. Migration et commerce sont deux thématiques qui se placent au cœur de nos relations avec nos voisins dominicains », a déclaré Marie André Amy, responsable a.i du Secrétariat technique de la commission mixte haitiano-dominicaine (STCMHD).

Selon elle, le secrétariat entend inciter les acteurs locaux concernés par ces deux thématiques à s’impliquer pour faciliter la tâche à l’État haïtien dans l’élaboration de cette politique dans le domaine de la migration et du commerce. L’idée de la table ronde n’est pas de ressasser les problèmes migratoires et commerciaux connus de tous. Elle vise surtout à dégager des pistes de solution et de faire des propositions cohérentes et durables sur la base des recommandations formulées dans les études et rapports ayant été selectionnés, a soutenu Mme Amy.

Si dans le cadre de la Déclaration de Ouanaminthe en 2010, le STMHD mène des dialogues pour améliorer les relations entre les deux États, Marie Andrée Amy dit croire en l’engagement et la participation de tous les acteurs clés (État, société civile, collectivité territoriale frontalière) pour dégager une vision et stratégie basée sur nos intérêts en tant que peuple souverain. « Pensons avant tout à l’unité nationale pour de relations bilatérales plus solides », a-t-elle prêché.

Le ministre Claude Joseph considère que cette table ronde est organisée dans le souci de créer des relations apaisées et harmonieuses. Aussi, elle tend […], à la lumière des réalités concrètes observées sur le terrain, offrir une vue globale des différents contours ou aspects des relations haitiano-dominicaines. « Cette démarche constitue donc une tentative d’appropriation d’un ensemble d’études réalisées de façon éparse sur la question afin de produire des recommandations qui guideront nos actions », poursuit le ministre des Affaires étrangères.

Les questions commerciales et migratoires, dit-il, sont toujours à la base des frictions qui caractérisent trop souvent les relations haitiano-dominicaines. « On comprend aisément pourquoi cette question éminemment sensible constitue à travers quasiment toute l’histoire des deux États, des sources de passions, de conflits et d’incompréhensions qui ravivent, de part et d’autres, les fibres patriotiques », analyse le chancelier haïtien, considérant en outre qu’elles sont surtout le reflet des disparités existant entre les deux pays.

Pour parvenir à la stabilité sociopolitique nécessaire au développement économique et social durable, le chef des missions diplomatiques défend que ces questions nous obligent à transcender notre différence et à réaliser l’unité des cœurs et des esprits au sein de la grande famille haitienne. Parallèlement, il a confié que l’État haïtien a engagé auprès de l’Organisation mondiale du commerce un processus de relèvement tarifaire et a jeté les bases de la production nationale, dans le but de stopper la moindre tendance pour un déséquilibre abyssal des échanges commerciaux.

« Ces deux actions concomitantes, si elles sont poussées jusqu’au bout, sont indubitablement de nature à contribuer à l’amélioration de la situation socioéconomique et au développement du pays. D’autres actions volontaristes sont indispensables pour orienter de plus en plus notre pays sur la voie du progrès », a enchainé Claude Joseph. Du nombre, on compte la mise en place des infrastructures de base, le renforcement de notre système de sécurité, la préservation de l’environnement, l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la gouvernance. Une meilleure répartition des ressources, revenus et des richesses, ainsi que la promotion et la valorisation de notre riche patrimoine culturel sont à garantir.

Selon le ministre, « l’administration Moise/Jouthe est consciente de ces énormes défis qu’elle s’engage à les affronter ». Le prochain référendum constitutionnel en est une étape cruciale, a-t-il ajouté. L’adoption d’une nouvelle Constitution est de nature à influencer positivement le cours des relations entre Haiti et le reste du monde, particulièrement la République dominicaine.

Caleb Lefèvre
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