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Succès des deux journées de grève contre l’insécurité dans les grandes villes du pays

Lancé à l’initiative des organisations syndicales du secteur des transports en commun, de l’éducation et de la sous-traitance contre l’insécurité et la multiplication des cas de kidnapping notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’appel à la grève a largement été respecté. Dans la capitale et dans les villes de province, les transports en commun, les écoles et les entreprises de services sont restés au point mort. Les organisations syndicales n’ont pas caché leur satisfaction même si elles disent attendre de l’État des actions urgentes pour endiguer l’insécurité.

Publié le 2021-02-03 | Le Nouvelliste

Le mot de grève générale pour les lundi et mardi est l’ultime réaction de la société contre l’insécurité et la criminalité perpétrée par les gangs un peu partout dans le pays. Le ras-le-bol contre cette violence aveugle marquée par la multiplication des cas d’enlèvement où les victimes sont libérées régulièrement contre de fortes rançons a bénéficié de l’adhésion de la majorité de la population à cette grève générale.  

Les écoles ont gardé leurs portes fermées, dans la capitale et ses environs, le lundi 1er février, à l’occasion de la première journée de grève nationale, Les transports en commun ont été totalement paralysés. Seuls des taxis-motos sont remarqués et de rares véhicules privés dans certaines artères. Toujours à Port-au-Prince, mardi 2 février, pour la deuxième journée de grève, les rues sont restées toujours quasiment désertes et les magasins ont gardé leurs portes fermées un peu partout. À la différence de lundi, quelques camionnettes (tap-tap) ont été remarquées à Delmas 32, à Carrefour, entre autres.

Cap-Haïtien

Les activités, au lundi 1er février, étaient au point mort dans la deuxième ville du pays, au lendemain d’une manifestation qui a réuni plusieurs centaines de personnes. Les écoles, le marché informel, le commerce et surtout les transports en commun n’ont pas fonctionné. « Sans intimidation, les Capois ont suivi à la lettre la première journée de grève générale », s’est réjoui l’activiste politique Piterlly Charles.

Les protestataires étaient à pied d’œuvre et paralysaient les principales rentrées de la ville, en dressant des barricades enflammées et en lançant des pierres et des tessons de bouteille sur la voie publique, particulièrement au rond-point Samarie. À la tombée de la nuit, ce lundi, la ville était clairsemée. Seuls quelques taxis-motos ont été aperçus dans les grandes artères.

Les Cayes

Les établissements scolaires et plusieurs institutions privées ainsi que le Marché en fer n’ont pas fonctionné, lundi 1er février, dans la ville des Cayes. Aux environs de 9h ce lundi matin, les rues de la ville des Cayes étaient presque vides. Le transport en commun fonctionnait à peine, les écoliers étaient restés chez eux, le Marché en fer n’a pas fonctionné et les portes de nombreuses institutions de la place sont restées fermées dans le cadre de cette première journée de grève.

Parallèlement, à six jours du 7 février, un groupe d’opposants au pouvoir en place ayant à sa tête des représentants Sud de la plateforme politique Pitit Dessalines et de la Coalition des forces de l’opposition Sud (CFOS) ont manifesté pour continuer d’exiger du président de la République le respect de la Constitution. De nombreux manifestants ont parcouru les rues de la ville pour réclamer l’application de la Constitution en vigueur.

Miragoâne

Le mot d’ordre de grève a aussi été respecté dans le chef-lieu du département des Nippes. En effet, les activités scolaires et les transports en commun ont été paralysés notamment au cours de la première journée. Les stations-service n’ont pas fonctionné également. Les activités de commerce formel et informel ainsi que des banques commerciales ont considérablement diminué. Le centre-ville de Miragoâne habituellement encombré de commerce informel était quasiment désert.  

Dans une note datée du 1er février 2021, le délégué départemental des Nippes, Morel Espérance Bérard qui a dit prendre acte de « la journée de grève lancée par les syndicats de transport le lundi 1er février », a appelé à la réouverture des écoles le mardi 2 février. Les portes des établissements scolaires sont toutefois restées fermées, durant cette deuxième journée de grève. Il faut dire que mis à part les chauffeurs de taxi-moto, très peu de véhicules ont été vus dans les rues de Miragoâne durant ces deux journées de grève. D’autant que le carburant se fait rare depuis le weekend dernier dans la ville.

Ricardo Lambert
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