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Politique : Plusieurs blessés par balles, lors de la manifestation anti-gouvernementale du 17 octobre 2020, violemment dispersée en Haïti

P-au-P, 17 oct. 2020 [AlterPresse] — Malgré les menaces d’éventuels affrontements avec les gangs armés, les risques de possibles embrasements (en référence à la situation tendue, depuis le 16 octobre 2020, un nombre important de citoyennes et de citoyens ont gagné les rues, ce samedi 17 octobre 2020 (214e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, l’un des pères fondateurs de la nation haïtienne), dans la capitale, Port-au-Prince et dans les villes de provinces, pour exiger la démission du président de la république Jovenel Moïse, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Plusieurs manifestants ont été blessés par balles, lors des démonstrations, appelées par l’opposition, qui entend en finir avec le régime politique tèt kale, avant le 7 février 2021, date de la fin de mandat de Jovenel Moïse.

Sans cesse dénoncé pour ses accointances avec les gangs armés, qui s’étendent démesurément sur le territoire national, ce régime politique est qualifié de « répressif, obscurantiste et promoteur d’assassinats de citoyennes et de citoyens », qui s’opposent à ses méthodes anticonstitutionnelles et illégales.

Ce samedi 17 octobre 2020, une foule de protestataires a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes et par des tirs nourris, à Port-au-Prince, au niveau de Delmas 48 et 67, de la part d’agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) circulant à bord d’une patrouille.

Beaucoup de gens en civil, lourdement armés, dont certains encagoulés, n’ont nullement été inquiétés par les agents de la Pnh, ont fustigé, au micro des journalistes reporters, les protestataires, lors de la démonstration de l’opposition dans les rues, ce samedi 17 octobre 2020.

Plusieurs personnes, blessées par balles lors de cette dispersion violente, ont été transportées d’urgence, à l’hôpital, par des sympathisants, qui participaient à la manifestation à Port-au-Prince, laquelle a rassemblé des milliers de gens.

Malgré les heurts rencontrés, les protestataires ont, tout de même, poursuivi leur parcours, pour se rendre sur la place de Dessalines, au Champ de Mars (principale place publique dans la capitale), où une gerbe de fleurs y a été déposée.

Des barricades de pneus usagés enflammés et de pierres ont été dressées au niveau du Champ de Mars, principale place publique de la capitale, Port-au-Prince, où des agents de la Pnh avaient aussi lancé des gaz lacrymogènes pour disperser un début de mouvement de protestations.

Le porte-parole du Secteur dit démocratique et populaire, Me. Michel André, les sénateurs Nènel Cassy, Ricard Pierre, Antonio Chéramy et le coordonnateur général de l’Organisation du peuple en lutte (Opl), Edgar Leblanc Fils, ont pris part à la mobilisation anti-gouvernementale du samedi 17 octobre 2020.

Michel André dénonce l’insécurité, alimentée par le pouvoir en place et les nombreux massacres perpétrés dans le pays, notamment dans les quartiers populaires.

« Il n’y aura pas d’élections avec un gouvernement criminel, qui assassine des étudiants d’université », affirme le militant politique qui appelle au renversement de Jovenel Moïse au pouvoir, avant le 7 février 2021.

Plusieurs manifestants affirment leur détermination à poursuivre, sans relâche, la mobilisation dans les rues, jusqu’au renversement définitif de l’équipe tèt kale au pouvoir.

Entre autres éléments, à la base de leurs mécontentements, ils citent l’ignorance historique, dont ont fait preuve plusieurs officiels, qui attribuent l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines au 17 octobre 1804, au lieu du 17 octobre 1806.

L’Organisation des Nations unies (Onu) et l’ambassade américaine cautionnent les actes de violences et d’assassinats en Haïti, lâche un Petrochallenger (du nom de celles et de ceux qui, depuis l’année 2018, exigent une reddition de comptes sur les dépenses publiques, dans le cadre du programme PetroCaribe de l’aide vénézuélienne à Haïti).

Plusieurs manifestants, qui se sont rassemblés en divers points de la capitale, ont rejoint la foule de protestataires, qui s’étaient réunis, dans la matinée du 17 octobre 2020, au niveau du carrefour des routes de l’aéroport international de Port-au-Prince et de Delmas, carrefour désigné, depuis la période de pays « locked » (paralysie totale des activités, de septembre à novembre 2019, pour exiger la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique).

Sur leur passage, ils ont installé des pierres et des pneus usagés enflammés, sur les avenues John Brown (communément appelée « Lalue ») et Martin Luther King (communément appelée « Nazon ») ainsi que sur la route de Delmas, où la circulation automobile a été très restreinte.

A l’occasion de cette grande manifestation antigouvernementale de l’opposition, ce samedi 17 octobre 2020, une grande partie de la population a préféré rester chez elle, de peur d’être victime de balles assassines, selon les témoignages recueillis.

Des manifestations anti-gouvernementales ont également eu lieu en province, notamment au Cap-Haïtien (Nord), aux Gonaïves et à Saint-Marc (Artibonite) et à Jacmel (Sud-Est).

Ces mobilisations contre le pouvoir en place visaient également à dénoncer les assassinats du bâtonnier Monferrier Dorval, le vendredi 28 août 2020, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, et de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire, le vendredi 2 octobre 2020, d’une balle au dos, tirée par un agent de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), à l’École normale supérieure (Ens) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh).

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