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Lutte contre la corruption: Haïti continue de perdre des places

L’ONG internationale Transparency International a publié, jeudi 28 janvier 2021, son indice de perception de la corruption 2020 dans lequel Haïti occupe la 170e place sur 180 pays avec un score de 18 points sur 100. Si le pays a obtenu le même score que l’an passé, il a une fois de plus régressé de deux places au classement et de 9 places par rapport à 2018 quand il était classé 161e avec un score de 20 points.

Publié le 2021-02-01 | Le Nouvelliste

Dans la région des Amériques, le Canada et l’Uruguay sont toujours les plus performants, avec des scores de 77 et 71 respectivement, tandis que le Nicaragua, Haïti et le Venezuela sont les moins performants, avec des scores de 22, 18 et 15 respectivement.

Sur ces cinq dernières années, les scores d’Haïti ont très peu évolué dans de ce classement (18 sur 100 en 2019, 20 sur 100 en 2018, 22 sur 100 en 2017, et 20 sur 100 en 2016) confirmant toutes les difficultés qu’éprouvent le pays à lutter efficacement contre la corruption. Le pays ne cesse de squatter la zone rouge « des plus corrompus » au fil des années.

Rapprocher voire atteindre le score moyen régional demeure une mission impossible pour Haïti. En effet, avec un score moyen de 43 sur 100 pour la cinquième année consécutive, la région des Amériques n’est pas pour autant considérée comme une championne de la lutte contre la corruption sinon comme une région mettant en valeur la corruption et la mauvaise gestion des fonds dans l’un des continents les plus touchés par la crise du COVID-19.

À en croire le classement mondial, cette situation ne concerne pas uniquement Haïti et la région des Amériques. L’indice de perception de la corruption (IPC) de cette année brosse un tableau sombre de l’état de la corruption dans le monde. Alors que la plupart des pays n’ont guère progressé dans la lutte contre la corruption en près de dix ans, plus des deux tiers des pays ont un score inférieur à 50.

Les travaux de Transparency International montrent que la corruption non seulement fragilise la réponse sanitaire mondiale à la COVID-19, mais elle contribue également à approfondir la crise démocratique en cours.

Même les pays ayant obtenu les meilleurs scores à l’IPC ont dû faire face à des problèmes corruption, notamment un manque de transparence dans les dépenses publiques en réponse à la Covid-19.

« La Covid-19 n’est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique. C’est également une crise sur le plan de la corruption. Et pour l’instant, nous n’arrivons pas à l’endiguer », a déploré Delia Ferreira Rubio, présidente de Transparency International.

L’indice, qui classe 180 pays et territoires en fonction du niveau de corruption dans le public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires, utilise une échelle de 100, où zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu.

Les pays en tête de l’IPC sont le Danemark et la Nouvelle-Zélande, avec un score de 88, suivis par la Finlande, Singapour, la Suède et la Suisse, avec un score de 85 chacun.

Les pays en bas du classement sont le Soudan du Sud et la Somalie, avec un score de 12 chacun suivis par la Syrie (14), le Yémen (15) et le Venezuela (15).

Un peu plus haut dans ce classement, au niveau de la région, on trouve la République dominicaine logée à la 137e place mondiale (28/100), loin derrière des pays comme Cuba (63e mondial ; 47/100), un modèle de stabilité sur les 5 dernières années, et la Jamaïque (69e mondiale ; 44/100).

Pour lutter contre la Covid-19 et freiner la corruption, les pays doivent : renforcer les organes de surveillance ; garantir la transparence de la passation de marchés ; défendre la démocratie, promouvoir l’espace civique ; et, publier les données pertinentes et veiller à garantir leur accès, a énuméré  Transparency International, en guise de recommandations.

« Les gouvernements devraient également veiller à ce que les citoyens reçoivent des informations facilement compréhensibles, accessibles, opportunes et significatives en garantissant leur droit d’accès à l’information », a suggéré l’ONG internationale.

Patrick Saint-Pré
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