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Le président du parti qui a mis Jovenel Moïse au pouvoir dénonce le caractère autoritaire et liberticide de son projet de Constitution

Publié le 2021-04-16 | Le Nouvelliste

Liné Balthazar, président du PHTK, parti ayant porté Jovenel Moïse au pouvoir, s’oppose à la réforme constitutionnelle envisagée par le chef de l’État. Sur Magik 9, vendredi 16 avril, M. Balthazar a soutenu que les conditions techniques n’étaient pas encore réunies pour la tenue d’un référendum. L’homme politique a également dénoncé le caractère autoritaire et liberticide de l’avant-projet de la Constitution élaboré par le comité consultatif indépendant. 

Le numéro un du PHTK croit qu’il ne faut pas inventer un problème de Constitution alors que le vrai défi réside dans l’incapacité des acteurs à respecter les règles. « Nous exerçons deux activités depuis 200 ans: produire des Constitutions sur mesure pour faire plaisir à des secteurs et nous fixer des règles que nous refusons de respecter. C’est ce que nous faisons depuis 1801. Dans notre histoire, tous les initiateurs de nouvelle Constitution l’ont fait à leur avantage ou contre quelqu’un d’autre. De 1801 à 1987. L’article 291 de la Constitution de 1987 a exclu les duvaliéristes durant 10 ans », rappelle-t-il. 

Le leader du parti proche de Jovenel Moïse a fait remarquer que jusqu’à présent, l’Office national d’identification (ONI) n’est pas en mesure de livrer dans les délais toutes les cartes pour que les électeurs puissent aller voter. Une étape importante à franchir si l’on doit organiser le référendum. « À entendre les responsables du gouvernement, le directeur général de l’ONI qui avait reconnu que toutes les cartes ne seront pas distribuées à temps, je pense que le référendum du 27 juin n’aura pas lieu. Ceux qui pensent le contraire sont en train d’induire le président Moïse et le peuple haïtien en erreur », dénonce-t-il. 

Le chef de parti a plus loin soutenu que si le référendum avait lieu aujourd’hui, le PHTK aurait voté contre. « Trois raisons expliqueraient ce choix. Sur le plan technique et logistique cela aurait été un fiasco. De plus, il n’y a pas de consensus. Le PHTK n’a pas besoin d’une Constitution en faveur d’un groupe au détriment d’un autre. Par ailleurs, le texte proposé est une reproduction d’un modèle autoritaire de la Constitution de 1935 de Sténio Vincent. Dans l’ADN du PHTK il n’existe aucune velléité dictatoriale et autoritaire », argumente-t-il. 

Selon Balthazar, le projet de référendum devient un irritant à la fois technique et politique. « Technique parce que l’ONI et le CEP sont incapables de le réaliser le 27 juin. Politique parce que le processus ne fait pas l’objet de consensus », soutient-il. Par conséquent, poursuit-il, le PHTK et la mouvance Tèt Kale demandent au président Moïse d’enlever cet irritant, de mettre le paquet sur l’organisation des élections d’ici à la fin de l’année. « On a encore le temps pour le faire », estime-t-il.

Liné Balthazar a proposé au président Moïse d’obtenir un accord politique pour lancer le processus électoral, afin de parvenir à un apaisement pour réaliser des élections, afin d’élire un nouveau président et un nouveau Parlement. Il a également conseillé au président de faire un retrait de l’actuel Conseil électoral provisoire. « Le mandat du président Jovenel Moïse n’est pas d’organiser un référendum pour modifier la Constitution. Son mandat est de s’assurer du fonctionnement régulier des institutions sous l’empire de la Constitution de 1987. Il a l’obligation de transmettre le pouvoir à un président élu le 7 février 2022 et de restaurer le Parlement. C’est cette feuille de route que je l’aurais recommandée. Ils ont à peine le temps pour organiser une élection entre aujourd’hui jusqu’au 7 février 2022 », fait-il savoir. « Jovenel Moïse est notre élu. Il aura tout notre soutien s’il enlève l’irritant de la nouvelle Constitution, l’irritant du CEP et s’il entre en interaction avec les forces politiques et sociales afin de former un gouvernement de salut public pour lancer le processus électoral », propose Liné Balthazar. 

Jean Daniel Sénat
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