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Jovenel Moïse : « Attaquer la gourde, c’est poser les bases de l’effondrement de l’Etat »

C’est autour du thème « Sécurité et investissement » que s’est déroulé, ce vendredi 2 octobre, au centre de convention et de documentation Antonio André à la rue Pavée,  la deuxième journée du Rendez-vous économique proposé par la Primature sous le label : « Les journées de l’économie ». Procédant à l’ouverture de cette activité, le président Jovenel Moïse ainsi que le Premier ministre Joseph Jouthe ont fait le point sur les mesures adoptées par le gouvernement et la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour freiner la dégringolade de la gourde.

Sans détour, le président de la République a soutenu qu’un jeu d’attaque contre la gourde a impacté les prix à la hausse dans l’économie. Sur ce point, le président a indexé le grand commerce qui, selon lui, n’est pas en reste lorsque le vendeur a décidé de libeller les prix en dollars américains et de fixer arbitrairement des taux de change. D’après le locataire du Palais national, c’est tout le système macroéconomique qui faisait l’objet de cette attaque. « Attaquer la gourde, c’est poser les bases de l’effondrement de notre État. Il faut aussi comprendre que ces attaques contre la gourde n’avaient pas véritablement pour objet uniquement le profit », a argué Jovenel Moïse, soulignant que le gouvernement est contraint de réagir afin d’éviter un chaos économique et financier susceptible de pousser la population à la révolte.

 La décente aux enfers de la gourde constatée notamment depuis le début de l’année 2020 jusqu’à la fin du mois d’août, paraissait illogique aux yeux du président Jovenel Moïse. Il s’est basé sur la baisse de 25% des importations du pays conjuguée à une augmentation de 27% des transferts d’argent de la diaspora. Pour le chef de l’Etat, l’insécurité est le fruit d’une violence destructive et déstabilisatrice utilisée par certains secteurs qui  contestent systématiquement les élections en prônant la transition comme modèle politique. « Cette violence crée une insécurité qui met en danger l’investissement, vecteur de création d’emplois et de richesses. Quand s’ajoute à cette insécurité la décote exagérée de la gourde, on obtient ce cocktail qui déstabilise encore plus le pays », a soutenu Jovenel Moïse.

Pour sa part, le Premier ministre Joseph Jouthe perçoit la dollarisation partielle de l’économie comme un véritable problème. Ce phénomène constitue, de son avis, une source substantielle de gain pour les commerçants et fournisseurs au détriment des consommateurs très vulnérables et de l’Etat. « Pour libérer les consommateurs de ces abus et protéger notre cadre macroéconomique contre ces pratiques déstabilisatrices, le gouvernement a pris trois grandes mesures. La première concerne l’avis du 7 août 2020, annonçant l’injection progressive de 150 millions de dollars sur le marché des changes pour augmenter l’offre de devises. La deuxième se rapporte au communiqué du ministère du Commerce et de l’Industrie en date du 31 août, accordant un délai de 72 heures aux entreprises pour se soumettre à l’exigence de libeller et d’afficher les prix des produits en gourdes conformément à l’arrêté du 19 septembre 2018. Enfin, le gouvernement s’est résolu de pratiquer le cash management pour éviter de recourir au financement monétaire des déficits budgétaires et a clôturé par anticipation l’exercice 2019-2020 en date du 30 août 2020 », a indiqué Joseph Jouthe.  

Les résultats obtenus suite à l’ensemble de ces mesures du gouvernement permettent de dissiper les inquiétudes face à la hausse du taux de change. « À l’heure actuelle, le dollar se change à moins de 65 gourdes, un niveau inférieur par rapport à la date de prise en fonction du président Jovenel Moïse. La population se réjouit de la baisse des prix de beaucoup de produits sur le marché local », a affirmé Joseph Jouthe, soulignant que des sanctions sont prévues.  En ce sens, il a fait savoir que la BRH et le ministère du Commerce et de l’Industrie disposent d’un système de veille en vue de détecter ces pratiques et de détour des mesures.

« Nous ne pouvons pas développer un pays sans des capitaux.  Mais les capitaux ne seront pas au rendez-vous dans un climat de turbulences et de violence récurrente de toutes formes. La croissance économique n’aboutira pas sans investissement et sans un climat sécuritaire durable », a déclaré Joseph Jouthe, soulignant que le gouvernement se met au travail en lançant un vaste chantier contre la violence, l’insécurité foncière, la corruption, la défaillance au niveau du pilotage des politiques publiques, la contrebande, l’absence de concurrence, le grand banditisme. Ces fléaux dégradent le climat des affaires et nuisent à l’économie nationale, au dire du chef du gouvernement, soulignant la nécessité d’engager des discussions sur l’insécurité.     

Gérard Junior Jeanty
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