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Non à la violence policière contre les journalistes !

Sous le leadership des associations des médias en ligne, des dizaines de journalistes ont marché, le jeudi 28 janvier, dans les rues de la capitale d’Haïti pour dénoncer les bavures policières contre des journalistes dans l’exercice de leur métier. Les journalistes appellent les policiers au respect de leurs droits constitutionnels.

Cette marche des journalistes est réalisée suite aux dernières brutalités policières contre des journalistes dument identifiés dans les manifs du mois de janvier. En réponse, les journalistes ont défilé, le jeudi 28 janvier, dans les rues de Port-au-Prince pour exprimer leurs inquiétudes face aux multiplications des bavures policières. Pour eux, cette situation menace la liberté d’expression consacrée par la Constitution de 1987. « Quand la liberté de la presse est menacée, c’est la démocratie qui est danger », lancent les journalistes, banderoles à l’appui, avant de dire « Non à la brutalité policière contre des journalistes ».

Du Champ-de-Mars à Bourdon devant les locaux de l’Office de la protection du citoyen (OPC), les jeunes journalistes, encadrés par des « journalistes seniors », ont lancé des cris d’alarme contre les exactions de certains agents de la Police nationale. Arrivés devant l’OPC, des journalistes ont placardé les pancartes avec leurs revendications sur la barrière de l’institution. Des journalistes ont pénétré dans les locaux pour déposer formellement une plainte.

Se montrant déterminés afin que ces actions contre les journalistes ne se reproduisent plus, les journalistes ont repris la direction du Centre-ville pour continuer la marche. À la ruelle Rivière, ils ont rencontré le défenseur des droits humains Pierre Espérance. Ce dernier a fustigé les dérives des agents de la PNH dans les derniers mouvements de protestation où des citoyens comme des journalistes en sont victimes des mauvais comportements des policiers. Pour lui, cette situation est révoltante, et met en péril les acquis démocratiques.

L’ancien policier et porte-parole du SPNH-17, Abelson Gros-Nègre, a apporté sa solidarité aux journalistes. Il demande à ses anciens frères d’armes de cesser avec ces pratiques. Le policier révoqué de l’institution pour ses convictions syndicales croit qu’il doit avoir une collaboration parfaite entre les policiers et les journalistes. « Les journalistes travaillent pour les policiers », a-t-il concédé.

Devant le bureau du secrétaire d’État à la Communication, les journalistes ont adressé un message avant de terminer la marche devant le ministère de la Justice et de la Sécurité publique par un geste symbolique. Ils ont déposé leurs matériels de travail pour réclamer justice pour les journalistes victimes, et des sanctions contre ces policiers qui s’amusent à faire usage de la force contre des journalistes.

Ce n’est pas pour la première fois que des policiers ont choisi volontairement de matraquer des journalistes dans les mouvements de protestation. Ces mauvais comportements deviennent des habitudes, alors que la Constitution garantit le droit des journalistes. « Le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la loi. Cet exercice ne peut être soumis à aucune autorisation ni censure, sauf en cas de guerre », précise l’article 28.1 de la Charte fondamentale du pays.

Woovins St Phard

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