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Haïti-incidents : Têtes coupées, morts par balles et maisons incendiées, la guerre des gangs fait rage dans le pays

A Lafargue, sixième section communale de Saint-Louis du Nord, les groupes armés ont hissé leur drapeau rouge en signe d’occupation du petit territoire rasé par les incendies et endeuillé par les nombreuses victimes de la guerre que se livrent les gangs qui s’affrontent depuis plusieurs semaines, voire des mois dans le Nord-ouest.  

Le bilan est lourd. Plusieurs personnes tuées par balles, au moins trois tuées à coups de machette et de nombreuses maisons brûlées dans la localité perdue du département (Nord-ouest) abandonnée par les autorités départementales et centrales.  

Même le chef du Casec (Conseil d’administration de la section communale) est parti loin pour fuir les combats meurtriers entre deux groupes armés.  

« Les habitants sont partis. Ils ont tout abandonné et certains ont tout perdu. L’Etat central, la police ne sont pas intervenus. On est des laisser pour comptes », a déclaré à Haïti Press Network Tanicien Joassaint premier membre du Conseil d’administration de la section de Lafargue contacté par Haïti Press Network.  

« J’ai enregistré des victimes dans ma famille, un membre du Conseil de la section a son cousin tué et sa maison brûlée », a témoigné M. Joassaint qui lui-même reste à distance sans pouvoir secourir ses administrés.  

Selon le Casec, plus de 1500 maisons ont été incendiées par les deux groupes armés hostiles qui s’affrontent rageusement depuis deux semaines. Les autorités sont informées, mais elles n’interviennent pas.  

« J’ai adressé un rapport au Ministère de l’intérieur, mais il me demande d’envoyer des photos. Comment vais-je faire pour prendre des photos ? » s’interroge Tanicien qui ne peut pas aider sa communauté.  

« En début de semaine un homme a été tué à l’arme blanche et sa tête plantée sur une pique par les bandits est exposée au vu de tous », témoigne encore Tanicien qui ne s’explique pas les raisons de cette guerre entre gangs.  

« Ici, la raison n’est pas politique, elle n’est pas économique. Alors on ne comprend rien », avoue Théodore joint au téléphone qui réside dans la ville de Saint-Louis du Nord. « Jusqu’à présent on est tranquille. Tout cela se passe à quelques kilomètres dans les montagnes inaccessibles. Aucun responsable (police et justice) n’ose intervenir », constate Théodore.  

A Port-au-Prince dans les quartiers populaires proches des centres du pouvoir politique et des commissariats de police, les gangs opèrent en toute impunité. Pareil dans les autres régions du pays où les groupes armés illégaux fleurissent parfois avec la complicité des autorités.

Des organisations de défense des droits de l’homme n’ont de cesse de dénoncer l’inaction du pouvoir qui fait la sourde-oreille et méprise les mêmes constats dressés par le bureau de l’ONU en Haïti. Le BINUH recommande en vain des poursuites judiciaires contre les chefs de gangs dont le puissant « Barbecue » présumé responsable d’interventions sanglantes dans les quartiers opposés au pouvoir.  

Cet ancien policier, soi-disant recherché, est depuis le début de l’année à la tête d’une fédération de gangs qui a trouvé l’approbation du CNDDR organisme chargé du désarmement des gangs qui pourtant opèrent librement à Port-au-Prince.

HPN

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