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Gonaïves : incendie au Centre-ville

Un violent incendie s’est déclaré à proximité du Mémorial de l’Indépendance ce jeudi 5 novembre 2020 en milieu de la journée. Le bâtiment où était logée Festiv-idées, une entreprise spécialisée dans l’organisation d’évènements, est complètement ravagé par les flammes sous les regards impuissants de riverains. Pour le moment, l’origine de l’incendie reste inconnue.

En l’absence de secours adéquat et de pompiers, la maison en bois a été complètement dévastée. Seulement, une présence policière a été remarquée au moment de l’incendie. Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent contre les autorités qui n’arrivent pas à doter la ville des équipements permettant de faire face aux urgences. Notons que le sinistre s’est produit le lendemain de la célébration de la fête patronale de la ville.

Il est un fait que la ville ne peut plus faire face aux menaces de catastrophes et encore moins assainir ses rues. Pour préparer la célébration de la fête patronale, c’est la Mairie de Delmas qui a mis à la disposition de la ville des Gonaïves une flotte de plus de 30 engins pour nettoyer les rues et enlever les déchets dans la ville. Ce qui a, en quelque sorte, divisé les membres de la population en dépit du fait que le maire de Delmas soit originaire des Gonaïves.

Charlito Louissaint, professeur de philosophie et des langues vivantes, dans un poste publié sur Facebook a écrit : « Gonaïves , bastion du « déchouquage » , fait à outrance de la politique. Elle incendie les carrefours, transfère quand elle veut le Marché communal à coups d’armes légères et lourdes. Elle paralyse le transport, ferme les écoles, interdit aux plus hautes autorités d’y venir. Elle nuit comme elle peut à ses plus dignes fils, les poussant au silence ou à la fuite ou au ralliement à une politicaillerie qui se donne des airs de stratégies bien pensées .

Gonaïves est morte et ses fils qui ont dit et se disent l’aimer l’ont assassinée. Gonaïves ne ressemble plus qu’à une morte dans sa bière , attendant de partir définitivement. Wilson Jeudy l’a ressuscitée pour qu’elle se regarde, pour qu’elle invite ses bourreaux à prendre conscience de son triste état. Mais, c’est venu tard ! Trop tard ! Gonaïves doit partir et renaître de ses cendres.

Gonaïves placée au centre du bazar de l’information depuis septembre 2004 n’a pas pu se doter de l’essentiel.

En 2020, Gonaïves ne peut pas répondre à un incendie, elle est dans l’incapacité de gérer ses immondices, d’offrir de l’eau potable à ses fils, de répondre aux demandes de soins d’une population qui croît et croît. Gonaïves, la cité de Maurice Sixto, plongée dans le noir depuis des mois, est incapable de payer ses fonctionnaires chargés de lui donner un semblant de beauté. De plus, elle a perdu ses écoles de référence et vit avec la phobie des inondations. Me dira-t-on que cette ville a eu un jour un dirigeant qui a pensé à anticiper sur les désastres ? Me dira-t-on que c’est dans cette ville que fut déclarée l’Indépendance du pays et qui se retrouve, 216 ans après, au Moyen-Age du développement ? Nous pouvons nous enorgueillir de notre passé, mais le présent gonaivien est fait de laideurs, de hontes, de désillusions, de déceptions et son futur d’incertitudes globales.

Comment comprendre qu’en 2020, Gonaïves ne peut compter dans certains domaines que sur l’amour de ses fils présents et la générosité de ses fils qui vivent loin d’elle?

Saint Charles, cette année, a été rendu possible grâce à Wilson Jeudy que nous ne finirons jamais de remercier, mais il nous faut plus pour avoir une ville vivable comme Delmas ou Ennery. Il faudra une vraie stratégie pour ressusciter Gonaïves et la réconcilier avec ses heures de gloire.

L’intervention de Wilson Jeudy n’a pas été une lueur d’espoir, mais une invitation à réfléchir sur ce qui doit être fait pour résoudre tous les problèmes identifiés plus haut, mais qui semblent n’avoir jamais été vus par nos politiques trop occupés à asseoir leur pouvoir ou le transmettre à des proches.

Wilson Jeudy ne sera pas toujours là. Il nous faut des Wilson Jeudy et nous y parviendrons en valorisant la science de ces jeunes que forment nos écoles d’administration. »

Loin d’être un éloge adressé au Maire de Delmas, ce texte est une complainte et un aveu de désespoir le plus manifeste d’un homme qu’on considère comme un modèle d’engagement depuis des décennies. « Wilson Jeudy est parti et nos malheurs recommencent », pense-t-il.

Lesly Succès

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