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Quand le budget 2020-2021 vient en aide aux producteurs nationaux

Le 30 septembre 2020 en Conseil des ministres le gouvernement a adopté le budget 2020-2021. Contre toute attente et dans un souci de protéger une certaine frange de la production nationale le gouvernement a décidé de corriger certaines erreurs du passé lorsque l’Etat avait décidé de libéraliser l’ensemble des activités économiques du pays en abaissant les droits de douanes sur les principaux biens industriels produits localement.

Il est stipulé à l’article 25 du budget que les droits de douanes à l’importation sur les produits suivants sont ainsi modifiés :

Les droits de douane sur les farines de céréale des positions tarifaires suivantes, 11010000, 11022000, 11029000 sont fixés au taux de 50% ;

Les droits de douane sur les pâtes alimentaires des positions tarifaires suivantes, 19021100, 19021900, 19022000, 1902300 sont fixés au taux de 50% ;

Les droits de douane sur les tomates, pâtes de tomate et autres produits dérivés (de ketchup, et autres sources de tomates), des positions tarifaires suivantes, 07020000, 20021000, 20029011, 20029019, 21032000 sont fixés au taux de 50% ;

Les droits de douane sur les jus de fruit de la position tarifaire 20091100 à la position tarifaire 20099019 inclusivement, à l’exception de la position 20095000, sont fixés au taux de 30% ;

Les droits de douane sur les autres préparations pour sauces et sauces préparées, condiments et assaisonnements, composés de la position tarifaire 21039000 sont fixés au taux de 40% ;

Les droits de douane sur les dentifrices de la position tarifaire 33061000 sont fixés au taux de 10% ;

Les droits de douane sur les produits à base de céréales obtenus par soufflage ou grillage de la position tarifaire 19041000 sont fixés au taux de 50%.

Pour la première fois depuis 1986,  un gouvernement a fait choix d’augmenter les tarifs douaniers sur les biens produits localement à un niveau aussi élevé. Cette mesure vient protéger directement les principales entreprises de production en particulier ; Les Moulins d’Haïti et les Céréales d’Haïti dans la farine, Bongu et Itala dans les pâtes alimentaires, le Groupe Rebo et Famosa dans les tomates et les produits dérivés, les sauces et sauces préparées et enfin les Caribbean Foods Manufacturing pour les produits de bases de céréales, en faisant les importations des produits similaires beaucoup plus chers.

Le gouvernement a entendu les appels incessants de certains économistes notamment Etzer Émile, Thomas Lalime et des entreprises haïtiennes, en particulier les Céréales d’Haïti et les Moulins d’Haïti qui subissaient la concurrence déloyale des importations en provenance de la Turquie malgré la distance, les coûts de transport, d’assurances et la contrebande de la République dominicaine, pour ne citer que ceux-là.  Il semble qu’on est en train de faire le grand virement vers la protection définitive de la production nationale.

Il revient maintenant au gouvernement de lutter véritablement contre la contrebande généralisée, tout en souhaitant une participation plus active des acteurs du secteur privé en dénonçant publiquement et agir contre les mauvaises pratiques de leur paire. Que les forces armées et de police jouent pleinement le rôle de protéger les frontières et les intérêts haïtiens.

Il est également souhaitable que l’administration Moïse-Jouthe adopte des décrets portant sur la création du Bureau national des normes et la protection des consommateurs outils fondamentaux et importants pour le pays pour assurer le contrôle des produits importés et ceux de l’exportation. Le Bureau des normes, une importante institution va servir à protéger la population et faciliter les producteurs à pouvoir mieux exporter à un moindre coût, dans le respect des normes.

Amb. Peterson Benjamin NOEL,

Economiste

peterbenjano@yahoo.com

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