USA: +1-754-4266-3266 / Haïti: +509-4483-9758 | raynaldlouis@gmail.com

Les grands bénéficiaires des ressources budgétaires

Après le service de la dette, chiffré à 49,2 milliards de gourdes, le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) est le plus grand bénéficiaire du budget 2020-2021 concernant les allocations des crédits budgétaires. Une enveloppe budgétaire de 44,1 milliards de gourdes est allouée au MTPTC qui, durant cet exercice en cours, doit atteindre un certains nombres d’objectifs : le maillage routier à travers la construction et la réhabilitation des routes et ponts dans les dix départements du pays ;  l’augmentation du taux de branchement au réseau d’eau potable ; l’accroissement de l’accès à l’électricité ;  la réhabilitation de la centrale de Péligre et la construction de nouvelles centrales et le développement des microréseaux. Il revient aussi au MTPTC de poursuivre avec l’implantation des installations solaires et monter un système d’information cadastrale regroupant les villes de Carrefour, de Croix-des-Bouquets, de Pétion-Ville, de Tabarre, de Delmas, de Jacmel et de Saint-Marc. Il y a 42,4 milliards de gourdes, soit 96,1% de son enveloppe budgétaire affectées à l’investissement.                 

Avec 29,1 milliards de gourdes, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) suit le MTPTC dans le classement des institutions ayant plus de crédits budgétaires. Plus de 82% des crédits budgétaires du MENFP sont destinés au fonctionnement. Poursuivre la campagne de vulgarisation et sensibilisation à l’intention de tous les acteurs éducatifs et du grand public sur les initiatives liées la scolarisation universelle et la réforme du fondamental ; améliorer les fournitures de services de cantines scolaires améliorer la coordination des opérateurs du secteur éducatif haïtien ; améliorer l’accès et la qualité de l’enseignement supérieur en région à travers le renforcement des universités publiques ; développer l’alphabétisation et promouvoir l’éducation non formelle de qualité en augmentant les possibilités d’intégration des alphabétisés à la vie socioéconomique par la mise en place de nouveaux dispositifs efficaces sont les objectifs visés pour cet exercice.

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) a bénéficié des crédits budgétaires de l’ordre de 20,5 milliards de gourdes. Plus de 86%  (17,7 milliards de gourdes) des crédits alloués au MJSP représentent son budget de fonctionnement. Pour cet exercice en cours, le MJSP est appelé, entre autres, à améliorer l’exécution des décisions de justice et accroitre la crédibilité de la justice ; assurer le traitement égalitaire des justiciables et l’effectivité de l’indépendance du juge de l’information ainsi que la communication en matière judiciaire ; améliorer les conditions de détention et respecter les droits de la personne détenue à travers la construction et la réhabilitation de prisons ; moderniser les infrastructures judiciaires à travers le renforcement des capacités des cours d’appels et tribunaux de paix ; renforcer le système d’état civil en modernisant le registre civil en Haïti ; réduire le délai de délivrance des titres d’identité aux haïtiens à travers le renforcement des capacités des bureaux de l’Office national d’identification (ONI) ; optimiser les capacités d’interventions des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti en mettant l’accent sur la formation initiale et le perfectionnement des agents, etc.

De 21,7 milliards de gourdes à 10,4 milliards de gourdes, l’enveloppe budgétaire du ministère  de la Santé publique et de la Population (MSPP) connait une réduction drastique. Seulement 3,3 milliards de gourdes, soit 31,7%  de l’enveloppe allouée au MSPP sont consacrées à l’investissement. Durant l’exercice fiscal 2020-2021, le MSPP doit améliorer les conditions d’utilisation des hôpitaux publics, aménager les bureaux administratifs départementaux et résidences de personnel médical au niveau des départements ; garantir la disponibilité des médicaments, des matériels et équipements sanitaires ; sensibiliser le public aux problèmes de santé mentale et lutter contre la stigmatisation ; renforcer les dispositifs d’urgence dans les hôpitaux départementaux ; assurer la mise en œuvre du plan de gestion de la crise de la pandémie de Covid-19.   

Pour atteindre les objectifs suivants : créer les conditions favorables à la transition progressive du budget basé sur les moyens à celui axé sur les notions de résultats et de performance ; promouvoir l’investissement privé en Haïti à travers l’établissement d’un fonds de garantie pour le développement des petites et moyennes entreprises ; faciliter la mise à disposition suffisante et à temps de la trésorerie nécessaire à l’application d’un processus budgétaire basé sur des plans d’actions réalisables; identifier le potentiel fiscal des différentes collectivités territoriales en Haïti ; optimiser les recettes mobilisables en renforçant les capacités opérationnelles des organismes de perception dans les dix départements et autres…, le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) dispose d’une enveloppe budgétaire de 10,2 milliards de gourdes dont 8,01 milliards de gourdes, soit 78,5% constituent le budget de fonctionnement.

Dans ce budget, le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) a une enveloppe de 8,3 milliards de gourdes. Son budget est reparti ainsi : 1, 6 milliard de gourdes pour son fonctionnement et 6,4 milliards de gourdes pour les investissements, soit 77,1%. Le MARNDR doit continuer à identifier, à développer et à renforcer les filières de production agricole en Haïti. Il a aussi la mission  d’obtenir des informations actualisées sur le potentiel agricole en Haïti en réalisant des enquêtes sur les capacités productives agricoles sur le territoire national ; d’améliorer l’accès au matériel et intrants agricoles en Haïti à travers des programmes d’appui à la mécanisation agricole et d’acquisition d’intrants et de fertilisants ; de renforcer le dispositif de contrôle sanitaire des denrées alimentaires d’aménager les nouvelles terres irriguées;  de réduire progressivement le risque de pertes économiques rurales dues aux inondations ;  d’accorder des prêts, à travers le fonds de la Banque nationale de développement agricole (BNDA), aux agriculteurs afin de favoriser la croissance du secteur agricole.     

Outre le service de la dette et les ministères susmentionnés, l’allocation des crédits budgetataires des autres institutions est très largement en-dessous du budget du MARNDR, représentant environ 3,2% de l’enveloppe budgétaire globale. Environ 243 milliards de gourdes, soit 95% du budget global sont allouées au pouvoir exécutif, contre 5,1 milliards de gourdes, soit 2,01% au pouvoir législatif, 2,8 milliards de gourdes, soit 0,90% au pouvoir judiciaire et 3,8 milliards de gourdes, soit 1,51 milliards de gourdes aux organismes indépendants. Le budget de la présidence et de la Primature sont respectivement de 2,1 et 2,5 milliards gourdes. Sur les 254 milliards de gourdes de prévision, le budget de fonctionnement est de 180,5 milliards de gourdes et le budget d’investissement se chiffre à 74,1 milliards de gourdes.  

Gérard Junior Jeanty
About the Author

Leave a Reply

*