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Crise économique : « On fonce droit dans le mur », s’alarme Kesner Pharel

L’économiste Kesner Pharel lance un appel au dialogue à tous les acteurs impliqués dans la crise politique qui sévit dans le pays en vue de la dénouer. Le P.DG précise que cette crise impacte l’économie du pays et la vie des citoyens qui s’appauvrissent davantage.

L’économie haïtienne va mal. Elle subit des chocs depuis deux ans qui influent sur la situation sociale du pays où les individus s’appauvrissent de plus en plus. En effet, plus de 4.4 millions d’Haïtiens sont en situation d’urgence humanitaire, le marché  informel du taux de change a la prédominance sur le marché formel. En outre, le déficit budgétaire avoisine 31 milliards de gourdes alors que la loi de finances a prévu 39 millions pour tout l’exercice.  La solution au problème économique du pays passe par la résolution de la crise politique a analysé l’économiste Kesner Pharel. « Si nous pensons trouver une situation économique et sociale normale sans résoudre la crise politique, nous nous mentons. Nous fonçons dans le mur », a-t-il analysé.

La crise économique n’est pas liée uniquement au taux de change. Aussi une crise sociale est-elle à cheval dans le pays. «  Les Nations unies sont en quête de 236 millions de dollars pour venir en aide aux 4.4 millions de personnes en situation d’urgence humanitaire. 2.9 millions de personnes ne sont pas concernées par cette mesure. Ce sujet ne fait pas débat alors qu’on dépense pour la réalisation du référendum. L’État haïtien aura besoin de 700 millions de dollars pour les secourir, à raison de 157 dollars par personne »,  a poursuivi Kesner Pharel.

« Ces 2.9 millions de personnes peuvent représenter une tension sociale qui pourra empêcher le pays d’obtenir des investissements tant à l’interne qu’à l’externe pour faciliter un équilibre ou économique devant permettre une augmentation de l’exportation », a renchéri M. Pharel.

En outre, monsieur Pharel a invité les autorités compétentes à mettre en place un  plan stratégique  au sein du ministère du Commerce et de l’Industrie, du secteur des affaires et l’Université d’Etat d’Haïti pour analyser le nearshoring afin de profiter des entreprises américaines qui quittent le continent asiatique pour  bien positionner le pays. 

Le gouvernement a prévu de collecter 13 milliards de gourdes à travers le secteur pétrolier qu’il n’a pas pu recueillir. Ce qui a créé  un écart dans le budget de la République, selon l’économiste Kesner Pharel. Ce manque à gagner de 13 milliards de gourdes, ajouté à 10 milliards de subvention de l’Etat dans ce secteur, souligne-t-il représente un déficit budgétaire de 23 milliards de gourdes. «Le gouvernement dépense beaucoup plus d’argent alors qu’il rentre moins que ce qu’il a prévu. Dès lors on se tournera vers la banque centrale qui mettra plus de gourdes en circulation. Le financement budgétaire favorise l’importation », a-t-il soutenu,  prévoyant que la bombe sociale risque d’empirer. « Le dialogue est primordial pour éviter le pire au pays », a invité Kesner Pharel.

Germina Pierre-Louis

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