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Deux hôpitaux ferment, un millier d’emplois supprimés : « Il faut éviter que ces professionnels de la santé ne partent »

Avec la fermeture de deux hôpitaux de Médecins sans frontières (MSF), environ un millier de médecins, d’infirmiers, de techniciens, de personnels de soutien qualifiés et expérimentés vont perdre leurs emplois. En Haïti où les ressources humaines font défaut, il faut trouver des emplois à ces professionnels pour éviter qu’ils n’émigrent vers d’autres cieux plus prometteurs, exhorte le Dr Jean William Pape. Pour le Dr Bitar, qui prévoit que les hôpitaux de l’aire métropolitaine vont être durement affectés, les autorités doivent réfléchir à une réponse à cette nouvelle situation.

Publié le 2018-03-05 | Le Nouvelliste

National -

La fin des admissions de nouveaux patients au Centre de traumatologie et d’orthopédie à Tabarre est programmée pour fin janvier 2019. L’hôpital sera fermé totalement en juin 2019. Un peu plus tôt, c’est le Centre de référence d’urgence obstétricale (CRUO) de Delmas 33 qui fermera ses portes en octobre 2018. Les dernières admissions se feront à la fin de septembre.

Le board de l’organisation Médecins sans frontières, établie en Haïti depuis 1991, a décidé de mettre un terme à deux de ses plus grands projets dans le pays et de supprimer environ un millier d’emplois.

« On peut analyser la fermeture de ces deux hôpitaux en considérant deux volets. Le premier est positif. Haïti n’est plus en crise comme elle l’était auparavant et ça justifie moins la présence de MSF. Haïti ne représente plus le danger qu’elle représentait avant en comparaison avec d’autres endroits comme le Moyen-Orient qui est plus à risque qu’Haïti », a fait remarquer le Dr William Pape, expliquant que le deuxième volet est négatif.

« MSF est une institution qui a énormément aidé la population. Cela va laisser un vide. Il faudra voir comment le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et les autres partenaires peuvent pallier ce vide. Il faudrait qu’il y ait une relève assurée, que le ministère de la Santé et ses partenaires puissent entrer en jeu », a-t-il ajouté.

L’une des premières interventions à effectuer, pour le Dr Pape, c’est d’abord éviter la fuite de ces cerveaux, ces hommes et femmes qui ont acquis tant d’expériences et de compétences. « On sait que les ressources humaines font défaut en Haïti et si l’on a un personnel compétent, autant lui trouver un emploi de peur que ce personnel ne quitte pas le pays. Il faut éviter qu’ils ne partent », a argué le professeur de médecine au Weill Cornel Medical Center et directeur des centres Gheskio.

Réagissant à la fermeture du centre de traumatologie de MSF, le Dr Bitar de l’hôpital Bernard Mevs prévoit que les hôpitaux de l’aire métropolitaine vont être affectés. « Cela va beaucoup nous affecter parce que le centre de Trauma de MSF nous venait beaucoup en aide. On ne peut pas avoir dans un milieu comme Port-au-Prince qui compte plus de trois millions d’habitants que deux à trois hôpitaux qui font du trauma et les urgences », s’est-il inquiété, insistant sur le fait que la fermeture de ce centre va affecter le circuit des urgences. L’hôpital Bernard Mevs a une capacité de 50 lits pour le trauma.

« Je pense que le ministère doit commencer à réfléchir sur les actions à mener », a soutenu le Dr Bitar joint par le journal.

Plus sereines, les autorités sanitaires estiment qu’il n’y a pas lieu de paniquer. « L’aide internationale n’est pas éternelle. Il y aura certainement d’autres partenaires à fermer leurs portes. Il nous revient de mieux servir notre population. C’est ce que nous faisons au quotidien, de façon discrète, peut-être, mais concrète », a réagi la ministre de la Santé, le Dr Marie Gréta Roy Clément, dans une interview accordée au journal.

« Comme nous l’avons souligné, toutes nos énergies sont mobilisées pour rendre accessible le système de santé à toute la population », a-t-elle ajouté.

Les structures hospitalières de MSF ont été construites après le tremblement de terre pour répondre à l’urgence de la situation. Ce sont des structures temporaires. Pour le moment, les responsables de MSF ne savent pas ce qu’ils vont en faire. Les autorités du MSPP, de leur côté, n’en veulent pas, selon Sébastien Libert, chef de mission de MSF Belgique. Quant aux équipements et autre matériel, généralement dans des cas similaires, a argué le chef de mission, les responsables de MSF vont d’abord évaluer les besoins des autres hôpitaux MSF. « Ensuite, nous analysons habituellement quelles sont les structures hospitalières, de préférence publiques, qui en auraient besoin », a-t-il souligné, précisant que l’organisation MSF ne partira pas après la fermeture de ces deux hôpitaux.

L’hôpital N’ap Kenbe de Tabarre compte jusqu’à 650 employés tous services confondus dont 200 professionnels paramédicaux (infirmiers, auxiliaires, brancardiers, hygiénistes, blanchisseurs,…) et 40 médecins. Aujourd’hui, avec la réduction des activités, il ne reste que 410..

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