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Décès au pénitencier, Me Clamé Ocname Daméus évoque une sur-médiatisation

Source Jean Daniel Sénat | Le Nouvelliste

 

 

La Commission présidentielle d’enquête sur la situation carcérale en Haïti (CPESCAH) est revenue sur le rapport qu’elle a déjà soumis au président de la République lors d’une conférence de presse au palais national ce jeudi. Selon son président, Me Clamé Ocname Daméus, le nombre de décès enregistrés au pénitencier national ne correspond pas au nombre de cadavres inhumés lors des funérailles collectives et publiques. 

 

 

 

Cinq des huit membres de la CPESCAH ont rencontré la presse ce jeudi au palais national pour évoquer leur enquête sur la situation carcérale en Haïti, dont le rapport d’étape a été soumis au président de la République. Les commissaires, selon leur président, Me Clamé Ocname Daméus, également chef du parquet de Port-au-Prince, devaient identifier les causes des décès et enquêter sur la situation carcérale en Haïti. Ce travail concernait la période allant de septembre 2016 à février 2017 (six mois) « Notre travail était fixé selon deux termes de référence, l’un conjoncturel et l’autre structurel », a dit Me Daméus, se limitant de dévoiler certains points du rapport d’étape (concernant le premier terme de référence) qui n’est pas encore rendu public.

La commission s’est rendue au pénitencier national pour aller s’enquérir du nombre de décès survenus au cours de la période susmentionnée. « On a fait des recherches. On a rencontré des acteurs. À travers une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, on a pu conclure à une surpopulation carcérale au niveau du pénitencier national. Dans les fichiers qu’a partagé avec nous la direction, pendant les six mois, nous avons trouvé 44 décès », révèle-t-il. Sur le nombre de décès survenus à la prison civile de Port-au-Prince, Me Clamé Ocname Daméus indique qu’il ne correspond pas au nombre de cadavres inhumés lors des funérailles collectives et publiques.

« On se rend compte qu’il y a eu une confusion volontaire créée juste dans le but d’augmenter le nombre de décès et faire la sensation. La morgue de l’HUEH étant non fonctionnelle, les morts suspects sont confiés à des morgues privées. De même que les détenus. Je ne sais pas s’il s’agit de la sensation ou de la surmédiatisation, mais on a mélangé les morts suspects et les détenus pour organiser les funérailles », a-t-il fait savoir. Sur l’organisation des funérailles, le président de la commission a fait remarquer qu’il n’existe, dans la rubrique du ministère de la Justice, aucun fonds alloué à cette fin. Toutefois, souligne-t-il, l’État a débloqué des fonds en ce sens.

« Ces fonds sont émis à l’ordre de responsables dont je me garde de révéler les noms. En revanche, ils ont reçu des montants en cash. Les chèques sont changés dans une banque d’État », révèle-t-il. Dans la foulée, le président de la commission a souligné que les enquêteurs se sont attardés sur les causes de ces décès. « Les conditions de vie des détenus et la surpopulation ont donné lieu à l’apparition de plusieurs épidémies telles que choléra, tuberculose, béribéri, etc. On a décelé un problème de nutrition aussi.

Cette mauvaise alimentation provient des chaînes de distribution. Il y a des entreprises qui ont signé des contrats pour livrer plusieurs aliments mais qui ne l’ont pas fait. Le non-respect d’un contrat n’est rien d’autre que de la corruption », a dit le commissaire du gouvernement, se gardant de révéler les noms des fournisseurs. Le président de la CPESCAH indique que les commissaires ont formulé des recommandations au chef de l’État, à la lumière des résultats de l’enquête. Ces recommandations concernent la problématique de la détention préventive prolongée, l’alimentation des détenus, leur prise en charge psychologique, les services médicaux, la corruption au niveau de la chaîne des fournisseurs, la question de l’organisation des funérailles, etc.

Ce que je dis engage le président de la commission et non le commissaire du gouvernement Le président de la commission, Me Clamé Ocname Daméus, s’est illustré par sa capacité de se démarquer de son rôle de commissaire du gouvernement alors qu’il abordait des questions relatives à la plus grande prison civile de sa juridiction. Quand on le questionne sur le nombre exact de détenus enfermés dans les geôles de la rue du Centre, sur le nombres de dossiers traités au parquet cette semaine qui les concernent et sur le nombre d’ordres de libération émis s’il y en a, il répond tout simplement que ce n’est pas le commissaire du gouvernement qui est là. Aucun des commissaires présents sur la table n’était en mesure non plus d’indiquer le nombre de détenus incarcérés à la prison civile de Port-au-Prince.

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