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Commission présidentielle pour la réforme du système de santé. Les commissaires prônent la libération de l’assurance-maladie

Source Edrid St Juste | Le Nouvelliste

 

 

La réforme du système de santé haïtien et celle des soins hospitaliers doivent d’abord passer par la mise en place d’un système de couverture universelle en santé basée sur une carte d’assurance, par l’autonomie des hôpitaux et par la régularisation des professions médicales et paramédicales.

C’est cette proposition que s’apprête à soumettre la commission présidentielle pour la réforme du système de santé et des soins hospitaliers au président de la République Jovenel Moïse qui l’a installée en juillet dernier.

Les commissaires plaident pour la libéralisation du marché afin d’arriver à une couverture universelle en santé. Celle-ci sera basée sur une carte d’assurance-santé au profit de tous les Haïtiens. « Avec cette carte, les familles haïtiennes auront accès à des soins de qualité sans s’appauvrir », a précisé le Dr Gérard Blot, président de la commission, lors d’une conférence de presse réalisée mardi dernier.

Selon les précisions du Dr Blot, il y a deux façons d’intégrer ce système. Pour une personne qui a un emploi, l’employeur peut effectuer directement un prélèvement (prime d’assurance) mensuel sur son salaire au profit de la compagnie.

En ce qui a trait à ceux qui travaillent pour leur propre chef, ils peuvent payer directement la prime à la compagnie d’assurances. Ils peuvent aussi se regrouper en association et celle-ci va se charger de verser la prime pour toute la famille.

Ceux qui ne travaillent pas pourront aussi avoir accès aux soins de qualité à partir de ce même système. A cette phase, c’est l’Etat qui va verser la prime à partir d’un fonds spécial appelé Fonds d’assistance à la santé (FONASA). « Ce fonds sera alimenté par des taxes prélevées sur certains produits, dont l’alcool, le tabac, l’huile, le sucre, la farine, la motocyclette », a indiqué Gérard Blot, croyant que le détenteur d’une telle carte va se défaire de ce souci. « Celui d’avoir du cash pour aller à l’hôpital ».

Dans la foulée, le président de la commission explique qu’un tel système exige une réforme dans des hôpitaux. Il parle de l’autonomie des soins. Il n’y aura pas de distinction entre hôpitaux privés et publics. Chaque hôpital va avoir à sa tête un conseil d’administration pour assurer sa gestion. Le conseil d’administration sera investi du pouvoir de nommer le personnel de l’hôpital. « À ce moment, les gens vont payer suivant le service reçu », a-t-il précisé.

Ce système mise aussi sur la régularisation des professions de la santé. La mise en place des conseils de l’ordre des médecins, des infirmiers, des pharmaciens et des laborantins est obligatoire. Il faut également de nouvelles structures qui seront chargées de contrôler la qualité de produits tels que les boissons, les aliments, les produits pharmaceutiques et cosmétiques…

« Un tel projet va prendre du temps », a prévenu le docteur, qui était accompagné de six membres de la commission.

Interrogé par le journal, une ancienne ministre de la Santé publique et de la Population requérant l’anonymat n’y va pas de main morte. « On ne peut pas se leurrer. C’est une proposition qui ne tient pas la route. Nous devons agir maintenant pour corriger la mauvaise courbe que prend notre système. Nous faisons face à des défis qui nécessitent des interventions urgentes », a-t-elle indiqué.

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