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Championnat haïtien de football professionnel 2017 : Série de clôture/Play-offs/demi-finales. Quand la passion du football le tue

Source Enock Néré | Le Nouvelliste

 

 

Donnez-leur une leçon s’il vous plait 72 heures après les incidents du parc Bayas, l’AS Mirebalais et le Racing FG attendent la décision de la commission de discipline pour savoir lequel des deux disputera la finale de la série de clôture du championnat haïtien de football professionnel. Pour le Racing FG, ce sont les Gonaïviens qui doivent la disputer. Pour ceux de Mirebalais, ce sont les Mirebalaisiens. Chacun s’appuyant sur des images qui accusent soit un Mirebalaisien, soit un Gonaïvien. Mais pourquoi s’investir autant si la passion tue le football et qu’après tant d’efforts c’est le loto du tapis vert qui doit décider ?

Des sommes folles et, derrière ces sommes folles, un travail d’abeille qui conduit les dirigeants à chercher, quémander, imaginer, creuser leurs méninges pour trouver de l’argent et répondre aux exigences de la saison, telle est la réalité du football haïtien.

Une tentative de révolution à l’AS Mirebalais

En début de saison, comme c’est le cas chaque année, trouver un mécène qui soit capable de supporter l’équipe a été un casse-tête avant que finalement un journaliste, Néhémie Joseph, de Panic FM, une station de radio de la ville, ne trouve une idée intéressante. D’abord, on organise un marathon à la radio et les gens contribuent à hauteur de 170 000 g pour maintenir leur équipe en vie. Devant la réponse positive de la population, un investisseur de la ville, Huguens Charles, décide de donner une somme équivalente à l’ensemble de la contribution de la population. L’AS Mirebalais commence à entrevoir les moyens de couvrir les 1 200 000 gdu budget qu’on a établi. Car il faut environ 250000 G/mois pour payer les joueurs, entre 3 000 et 5000 g par séance pour organiser les séances d’entraînement, et des sommes variées pour financer les déplacements pour les matchs à l’extérieur (60000 g pour le Cap-Haïtien, 40000G pour Port-au-Prince ou Gonaïves, 60000 g pour les Cayes et Jacmel, 25 000G pour Saint-Marc, 70000 pour Ouanaminthe) ou organiser les rencontres (20 000 g à Mirebalais).

Avec 350 000 g de départ, Il fallait miser sur le parc Bayas pour combler le manque. Or à cause de la chute d’un pan de son mur, il restait un terrain ouvert au public. Panic FM met en place un groupe qui s’occupe de la barrière, surveille les entrées et cela devient plus rentable. Alors qu’avant on enregistrait entre 35 000 et 60 000 gourdes de recettes à la barrière, on atteint aisément 200 000 gourdes par entrée. Les 250 000 gourdes de salaires mensuels sont mobilisées plus facilement. Les joueurs sont plus motivés et l’AS Mirebalais, après une bonne série d’ouverture, devient redoutable en série de clôture.

Evoluant en 4-3-3 avec une formation type composée de Valérius Williamson – Peterson Eliacin, Jeff Brisé, Louis Frantz, Mackintosh Fédé – Mackintosh Dorilas, Fenel Fédé, Junior Vilgraint – Atkinson, Sandinho Saint-Jean, Hvaniel Sirin dirigée par Jean-Claude Josaphat, les Mirelaisiens terminent premiers devant le Don Bosco et obtiennent le droit de disputer les demi-finales.

Battus à la loyale aux Gonaïves, jeudi, les Mirebalaisiens avaient la possibilité de rattraper leur retard dimanche. Ce qui a été fait, dans des circonstances étonnantes, certes. Cependant un fou venu de nulle part se mêle de la partie en frappant l’arbitre. Un geste de folie qui met en péril un travail minutieusement réalisé, tout en discréditant le sport, tout en étant abject, tout en portant la trace de la corruption puisqu’il sera à l’origine d’une décision sportive en dehors de la piste du sport.

Les débours du Racing FG

Le Racing des Gonaïves n’est pas en reste, lui non plus. Ses dirigeants dépensent entre 60 et 100 000 gourdes pour les matchs à l’extérieur, 6 000 gourdes par séance d’entraînement, 400 000 gourdes de salaire mensuel (joueurs et entraineur) alors que les recettes à la barrière varient entre 150 000 et 250 000 gourdes par match. C’est le président du club, Harry Legros, qui en devient le second principal bailleur de fonds. La plus grande satisfaction dans tout ça est le résultat acquis sur le terrain avec la manière, donc sportivement.

Evoluant avec une formation type composée de : Jodelky Floréal – Estenio Laurent, Mackenson Paul, Mitchelson Joseph, Erson Sénatus, Junior Philippe, Djoules Valcourt, Guerson Jean Pierre, Bendy Charles, Jamesly Daniel et Stevenson Guillaume, les Gonaïviens se font sérieux et parviennent en finale de la série d’ouverture. Pour la série de clôture, ils ont manqué leur match de la 15e journée contre la Juventus des Cayes ce qui les oblige à disputer des barrages pour les demies-finales contre le FICA.

Quant au parc Résigné de Milot, des hooligans réagissent mal après le 1-1 face au FICA, les dirigeants gonaïviens ont donné une leçon au pays en demandant à leur public de donner une leçon de morale à ceux-là qui avaient oublié leur sportivité et leur dignité d’homme (heureusement, il n’y en a pas beaucoup dans l’entourage d’un club aussi prestigieux que le FICA) en les accueillant sportivement et en gagnant avec honneur.

Chacun veut la victoire dans la confusion

Dirigeants du Racing FG et Dirigeants de l’AS Mirebalais revendiquent aujourd’hui le droit de disputer la finale de la compétition en s’appuyant soit sur les images diffusées par les confrères de Télé Ginen, soit sur d’autres images, ou la logique comportementale, tenant compte du fait que l’arbitre ait été agressé après que le but a été validé contre le Racing FG. Alors que les images de télé Ginen montrent que le fauteur de troubles serait un Mirebalaisien (après son forfait, il serait allé se jeter dans les bras de l’entraîneur de l’AS Mirebalais, Jean-Claude Josaphat), une vidéo émanant d’autres sources et publiée sur la page facebook du journaliste Fermont Delouis laisserait croire le contraire. Et, ce mercredi après-midi, un autre des 4 officiels de la rencontre confirme formellement la version de M. Sterlin relaté par le président de la CONA lundi. « L’homme qui a frappé l’arbitre est le dossard 6 de la formation gonaïvienne ». Contacté par whatsApp, lundi, le délégué du Racing FG, Paul Edmond Aristilde, avait révélé que c’est Jodelki qui portait ce dossard dans cette rencontre et qu’il serait le portier du club. Ce que d’autres dirigeants du Racing récusent en disant que le portier jouait avec le dossard 1 ce jour-là.

Donnez une leçon aux fauteurs de troubles

La vérité tarde à être connue, mais au-delà de cette vérité qui tarde à venir, il importe d’aller plus loin. Obtenir un titre indigne est honteux. Autant de travail des dirigeants des clubs, autant de séances d’entraînement, autant de fatigue méritent un titre propre car c’est pour la fierté de la victoire proprement acquise que vous vous êtes autant investis.

Renoncer au titre de la série de clôture après les incidents de Milot, de Jacmel, le match non disputé du Racing FG contre la Juventus des Cayes…serait un signal clair donné aux dirigeants qui organisent la compétition, aux dirigeants de la fédération qui semblent avoir les poings liés quand il faut sanctionner, et surtout aux fans des clubs qui parfois veulent la victoire à tout prix, pour leur faire comprendre que chacun doit assumer pleinement ses responsabilités pour l’avancement du football. Quand la passion oublie la morale et conduit à un comportement nocif, cela ne fait l’affaire de personne puisque ce genre de passion tue le football.

Au moment où nous mettons sous presse, un circulaire de la Fédération ordonne qu’un match d’appui soit disputé le 17 décembre au stade Sylvio Cator pour départager les équipes.

 

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