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Armée Remobilisation: Des anciens hauts gradés de l’ex-FAD’H appellent au respect de la Constitution

Jour J-3 ! Les quelque 150 militaires formés pour la plupart en Équateur multiplient les entraînements. Pas pour aller en mission, mais pour offrir au chef de l’État un défilé grandiose le 18 novembre prochain à l’occasion du 214e anniversaire de la Bataille de Vertières. Jovenel Moïse en profitera pour consacrer officiellement le retour des Forces armées d’Haïti. Cependant, plusieurs anciens officiers et hauts gradés de l’ancienne armée appellent le président de la République à respecter les prescrits de la Constitution.

Ce n’est pas le retour de l’armée qui inquiète. Mais la façon de remobiliser les Forces armées d’Haïti pousse des anciens officiers à appeler le président de la République à respecter les prescrits de la Constitution.  Pour Mario Andrésol, un ancien officier de l’ex-FAD’H, la velléité du chef de l’État à remobiliser l’armée lui paraît suspecte « dans la mesure où il n’a rien communiqué sur le fonctionnement et la formation de cette armée… »

L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti a rappelé que, selon la Constitution, le chef de l’État choisit le commandant en chef de l’armée parmi les officiers généraux en activité. M. Andrésol a toutefois reconnu que ce cas de figure n’est pas évident dans l’état actuel des choses. Cependant, il a souligné qu’il y a des mécanismes entre le Parlement et le chef de l’État qui permettraient de nommer le haut état-major.

La remobilisation de l’armée ne doit pas être politisée, a-t-il mis en garde. Selon lui, si le ministère de la Défense et le Palais national endossent la formation du haut état-major de la nouvelle armée sans concertation avec le Parlement et les forces vives de la nation, ce sera une mauvaise décision. « D’ailleurs, suivant quels critères les membres du haut état-major ont été choisis ? Qui sont-ils ? Le pays a le droit de le savoir… », a exigé l’ancien militaire.

Pour Mario Andrésol, remobiliser l’armée dans les conditions actuelles est une initiative vouée à l’échec.  La façon d’agir du chef de l’État, a-t-il dit, donne l’impression qu’il érige « une milice pour protéger le pouvoir ». Parce que la décision du président de la République n’est pas le fruit d’un large consensus national. Le prochain pouvoir élu pourrait décider de mettre fin au service de la nouvelle armée, redoute-t-il.

Jovenel Moïse, a-t-il ajouté, aurait pu prendre les deux premières années de son mandat pour expliquer à la population le bien-fondé du retour des forces armées avant de les reconstituer. Il conseille au président de nommer un commandant en chef ratifié pour trois ans par le Sénat. Ce dernier formera son état-major pour éviter que l’armée soit politisée, de l’avis de Mario Andrésol. Il estime que les autorités auraient pu mieux utiliser les 150 militaires formés en Équateur.

Pour sa part, l’ancien colonel Himmler Rébu juge que le chef de l’État n’a pas assez d’informations sur ce qu’il veut faire. Selon lui, les autorités devront consulter les articles de la Constitution qui traitent de l’existence, du fonctionnement et de la formation du haut état-major des forces armées. Cela aurait été une mauvaise chose de prendre l’initiative de remobiliser l’armée et de voir après des défaillances conceptuelles. « La Constitution dit ce qui doit être fait sur l’existence de l’armée », a-t-il dit au Nouvelliste.

D’autres anciens hauts cadres de l’ex-FAD’H contactés par le journal n’ont pas voulu réagir publiquement à la décision du chef de l’État. Cependant, eux aussi croient que le président devrait consulter les forces vives de la société avant d’embarquer le pays dans la voie de la remobilisation de l’armée démobilisée depuis 1994.

Selon l’article 264 de la Constitution amendée, « les Forces armées d’Haïti comprennent les forces de terre, de mer, de l’air et les services techniques. Les Forces armées d’Haïti sont constituées pour garantir la défense et l’intégrité du territoire de la République » « Les Forces armées d’Haïti sont commandées effectivement par un officier général ayant pour titre de commandant en chef. Le commandant en chef des Forces armées d’Haïti, conformément à la Constitution, est choisi parmi les officiers généraux en activité de service », indiquent les articles 264.1 et 264.4 de la Loi mère.

L’article 265 exige que les Forces armées d’Haïti soient apolitiques. « Leurs membres ne peuvent faire partie d’un groupement ou d’un parti politique et doivent observer la plus stricte neutralité… »

Au Cap-Haïtien samedi dernier, le chef de l’État a annoncé que le haut état-major de l’armée d’Haïti défilerait le 18 novembre prochain à l’occasion du 214e anniversaire de la Bataille de Vertières. « Comme je l’avais promis au cours de la campagne électorale, le 17 novembre, je vais publier un arrêté sur le haut état-major. Il va défiler le 18 novembre sur le boulevard », a rappelé Jovenel Moïse.

Cette nouvelle armée conservera le nom de l’ancienne armée, les Forces armées d’Haïti (FAD’H), a fait savoir le ministre de la Défense, Hervé Denis.

Robenson Geffrard source le nouvelliste

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