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2018 : première manifestation, premier coup raté pour l’opposition

À l’initiative des organisations sociopolitiques, dont MOVID, UNNOH, entre autres, quelques dizaines de manifestants ont gagné les rues de la capitale, le mardi 9 janvier 2018, dans le cadre de la mobilisation annoncée pour combattre le phénomène de la corruption.

Ils étaient plusieurs dizaines de partisans et sympathisants de l’opposition à sillonner quelques rues de Pétion-ville, de Delmas et du Centre-ville en vue de continuer à dénoncer l’administration Moïse/Lafontant pour son laxisme, sa politique antipopulaire et discriminatoire et son double discours en ce qui a trait à la question cruciale de la corruption. Du Boulevard Jean- Jacques Dessalines (devant l’Église Saint-Jean Bosco) à la place de Constitution au Champ-de-Mars, en passant par Pétion-ville, les slogans fusaient de toute part. « Revolisyon an komanse, yo met pare tann nou, nou pap abandone, jiskobou », ont scandé les participants, exigeant, obstinément, le départ du président de la République du pouvoir.

Sur tout le parcours, les protestataires, en nombre réduit, ont tenté de tenir le rythme par leurs hymnes hostiles au gouvernement annonçant une suite sans trêve dans la lutte anticorruption pour cette nouvelle année 2018. Ils promettent de mener une lutte sans merci en vue, disent-ils, d’offrir au pays un gouvernement plus sensible aux revendications de la masse. Comme annoncé, le leader de la plate-forme « Pitit Dessalines », Jean- Charles Moïise, était à leur coté pour dire sans langue de bois, qu’il est de retour tout feu tout flamme pour arriver par la mobilisation à bout de cette administration, juge-t-il, au service des secteurs mafieux du pays. « Nous sommes de retour pour reprendre en main le mouvement. Le président de la République ne dirige pas le pays vers le bon port, a déduit l’ancien sénateur du Nord. Nous sommes là jusqu’au bout en vue de porter les revendications de la masse défavorisée et d’annoncer qu’il n’est pas question qu’on fasse marche arrière devant un état qui ne cesse de marginaliser » la population, déclare l’ancien sénateur, Moïse Jean-Charles, avant de laisser prématurément la manifestation à la suite d’un incident survenu au niveau Delmas 75. Cette situation a créé un climat de panique qui a contraint les agents de l’ordre à ériger un fort dispositif de sécurité devant les locaux de l’ambassade canadienne.

Les manifestants mécontents ont imputé la cause du dérapage au ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MTIC) qui, disent-ils, a délégué sur les lieux l’un de ses employés pour tenter d’éliminer le chef de file de « Pitit Dessalines », Moïse Jean- Charles. Suite à cet incident, un individu identifié par la foule comme employé dudit ministère a été épinglé par les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH).

Remobilisée approximativement entre Delmas 75 et 48 après les interventions policières, la marche a repris son cours normal. Moins fougueux qu’au par avant, les contestataires ont défilé de l’autoroute de Delmas vers la destination finale, sans grande détermination.

Daniel Sévère

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